CABOT, MARTIAL
MARTIAL, menaçant Guillaume. Ah! mon gaillard ! tu n'as qu'à te bien tenir !
CABOT. Est-ce que tu vas rester là?
martial. Crois-tu que ce Guillaume me fasse peur? Il y a de mauvaises notes sur lui, et il n'osera pas bouger.
cahot. C'est égal... mon avis serait de nous la briser.
martial. Pour donner l'éveil, imbécile!
cahot. C'est vrai, au fait! Mais que toupet! venir juste au moment où on s'aperçoit de la plaisanterie!
martial. C'est là le truc! (Froidement.) Voyons ce portefeuille !
cahot, le lui remettant. Dis donc, s'il y a une affaire là dedans, est-ce que nous ne pourrions pas manger la grenouille à nous deux sans en parler aux autres?
martial. Cabot, vous me faites de la peine. Il ne suffit pas d'être voleur; il faut être honnête!
cabot. Blagueur, va ! T'oses pas, v'ià tout. J' vas faire le guet.
Il remonte un peu au fond.
MARTIAL, examinant les papiers. Une belle prise qu'ils ont laite là! des actes de naissance, un passe-port, des litres de propriétés! [Changeant de ton.) Que vois-je? « Laroche, armateur, embarqué à bord du brick le Rôdeur, eu destination du Havre et venant des Antilles. » (Feuilletant vivement les papiers.) L'année? l'année? « 1827! » Grand Dieu!... Oh! mais c'est impossible ! Et partout cependant le nom de Laroche, de ce Laroche que j'ai vu mourir sur la côte de Guinée!... Est-ce que les morts reviendraient? Il y a là-dessous un mystère, et dans un mystère, pour un homme habile, il y a toujours quelque chose à gagner ! Pour moi seul, bien entendu* !
cabot, revenant. Eh ben, l'allumeur! y a-t-il mèche?
martial. Fumés! Mon pauvre Cabot, ces papiers ne sont bons qu'à faire des cigarettes!
11 les met dans sa poche. En ce mompnt, on entend un grand bruit dans le cabaret.
cabot, effrayé. Qu'est-ce quec'est que ça? martial. Laisse donc ! Tu trembles toui jours, toi !
» Martial, Cabot.
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