SCENE XIV
GUILLAUME, MATHTEU, BARBILLON, Ouvriers, GALOU**.
BARBILLON, aux Ouvriers. C'est-y go uche de se mettre dans fie* états pareils pour deux ou trois méchants verres!....
Mathieu. Il nous l'avait hen dit hier, que 1' vin lui faisait c't effet-là...
GALOU , montrant les Gardes qui sont encore au fond. Un peu plus on le logeait à l'œil !
GUILLAUME, à lui-même. Non... non...
plus de vin... Jamais! il me rend furieux!... (Se levant avec colère.) Qui donc qui m'a fait boire?
GALOU, poussant Mathieu. Dis-y que c'est toi.
Mathieu le repousse.
GUILLAUME , passant la main sur son
front. Ah!... c'est mal! d'exposer un
homme... Si j'avais pas bu... il y a \ingt ans je n'aurais pas frappé un ami !... (Avec dés-
* Cabot, Martial, le Garde, Barbillon, Mathieu, Guillaume. "Galou, Malhfcn, Barbillon, Ouvriers, Guillaume.
LE CANAL SAINT-MARTIN
Si
espoir.) Je n'aurais pas été condamné. (Retombant sur son banc. ) Je n'aurais pas perdu ma femme et ma iille.
Il pleure.
barbillon, qui est monté sur la passerelle. Voilà le Saint- Nicolas !
Tous les Ouvriers remontent.
Mathieu, courant à Guillaume. Guillaume... père Guillaume, voilà le patron.
Guillaume , se levant. Monsieur Laroche !
Mathieu. Oui, le bateau est sur le canal.
Guillaume, cherchant à se remettre. Allons , allons, c'est bien!... chacun à son poste, attention !
GALorT. C'est fini de rire... v'Ià le père Croquemitaine qui arrive.
Guillaume, à part. Ah! pourvu qu'il ne s'aperçoive de rien... c'est qu'il me chasserait !
barbillon. Le voilà!... le voilà qui sort de la voûte.
On entend au dehors le cri des mariniers : Oh! oh!...
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