‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1361 sur 1577 · PREMIER PAGE, GUSTAVE · texte numérisé non relu

PREMIER PAGE, GUSTAVE

Au fcver «lu rideau, on entend un bourdonnement île voix nu dehors. Le Page, penché sur la1 fenêtre latérale, semble prendre part à ce qui s» pa<se. Gustave Verner entre par le fond, aperçoit et reconnaît le Page, s'approche de lui et lui, prenant 'l'oreille, lui dit en grosbissant sa voix:

Gustave. Que faites-vous donc là , monsieur de Straunitz ?

PREMIER PAGE, avec effroi. Pardon, monsieur le gouverneur. .. Je... jo. .. (// tourne tête vers Gustave, le reconnaît , et part d'un éclat de rire.) lia! lia! lia!

GUSTAVE, avec une gravité comique. De qui riez-vous, monsieur?

PREMIER PAGE.. De moi, parbleu! J'ai vraiment cru entendre la grosse voix de notre gouverneur.

GUSTAVE. J'ai donc bien réussi à la contrefaire ?

PREMIER PAGE. Comme un ex-page, mon lieutenant.

GUSTAVE, le regardant en face. Vous dites?...

PREMIER page. Je dis mon lieu... {Remarquant sa ceinture.) Ali! pardon!...

pardon, mon capitaine.. . comment! déjà!

deux grades en trois ans !

GUSTAVE. On avance vile en temps de guerre.

PREMIER page. Oui, quand le courage vous pousse. ..

GUSTAVE. Et que le canon fait des vides au-dessus de nous. Mais pourquoi restais-lu là, penché sur cette fenêtre ?

PREMIER PAGE. Eh! mon Dieu ! je regardais passer le corps mutilé de ce pauvre .Mulgrave qu'on transporte il l'hôpital.

GUSTAVE. Mulgra\e J

premier page. Oui... le Bavarois. . . qui sortit il y a trois ans des pages, et fut nomiiié officier en même teins que vous. Le malheureux vient de se tuer.

GUSTAVE. Lui ! Mulgrave! un ancien camarade !

premier page. Il n'avait plus que ce moyen d'éviter l'ccbafaud peut-être.

Gustave. Quelle faute, quel crime avaitil donc commis ?

PREMIER page. Comment! vous èics arrivé de Stettin, hier soir, avec le roi, et \ous ne savez rien! moi qui comptais que vous alliez tout m'apprendre!

GUSTAVE. Tu ne sais donc rien non plus'.' ■ PREMIER page, l'as grand'cliose. . . depuis deux jours on parle ici d'un crime de haut" trahison... On dit que des papiers de la plus grande importance ont été saisis sur un déserteur de la compagnie de Mulgrave au moment où il gagnait la frontière, t.e pauvre diable, ramené à Berlin, a été erroné hier provisoirement à la geôle du château , et ce matin , d'après les aveux de ce soldat sans doute, Mulgrave a élé arrêté... A peine enfermé avec son complice, le lieutenant, pour couper court au procès qu'on allait lui faire, a tiré de sa poche un pistolet qu'il y avait caché et s'est brûlé la cervelle.

Gustave. C'est là une bien triste lin , et que nous étions loin de prévoir, lorsqu'en sortant des pages Mulgrave , fridberg et moi, nous nous séparâmes en nous assurant pour la vie bonne et franche amitié.

premier page. Vous savez que M. de Fridberg, votre inséparable d'autrefois, est aujourd'hui secrétaire de la chancellerie.

GUSTAVE. Il doit être à Berlin ?

premier page. Non, depuis deux mois il est auprès du grand chancelier, qu'un accè> de goutte relient à la campagne... Néanmoins , vous verrez bientôt votre ami... car le roi , en arrivant hier soir , a demandé plusieurs fois M. de Fridberg... et deux courriers sont partis pour presser son retour ici .. (Remontant la scène.) Je ne me trompe pas... c'est lui qui traverse la grande avenue le vous laisse... Adieu, monsieur

Verner.

Gustave*. Au revoir... (il pari.) Heureux temps!... One ne suis-je encore page !

Gustave, premier Page

Ou futcnil par dV île et gauche la droite <i la pri n.ier nommé <"~t à gaurlie du Souffleur.

;auclie du Souffleur; il en esl de mè^rne pi

persoi

STELLA

premier page, à par/. Ah! quand donc serai-je capitaine?

Le Page entre à droite, Ernest .le Fridberg entre par le fond, venant de la gauclip.

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