NAPOLÉON, CAULAINCOURT
NAPOLÉON
Eh bien?..
CAULAINCOURT
Sire, c'est à votre grande àme à décider...
NAPOLÉON
Ainsi donc, on m'accuserait de ne penser qu'à moi... Ainsi donc, il serait possible que la France fût précipitée dans la guerre civile!.. Terrible abîme le Ion,' duquel je ne veux pas la faire marcher!.. Il ne faut pas se dévouer a demi !.. Ah! Caulaincourt, ce n'est pas le trône que je regrette... Ma arrière militaire suffit à
la gloire d'un homme ; la couronne la moins fragile, c'est une couronne de I auriers... Allons ! aux grandes destinées les grandes infortunes !. . J« suis monté bien haut !.. Ce n'est pas descendre que de me résigner... C'est avoir mérité le trône que de le quitter par respect pour le repos et le bonheur de la nation qui me l'avait donné !.. Allons!.. ( Il va à une table et écrit. ) « Les Puissances alliées ayant proclamé que rKmpcreur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe , il déclare qu'il renonce pour lui et ses héritiers au trône de France etd'Italie, parce qu'il n'est aucun sacrifice, même celui de la vie, qu'il ne soit prêt à faire aux intérêts de la France, n
(Il se lève et remet l'acte à Caulaincourt. Celui-ci le prend en s'inclinant, et porte la main à ses yeux, tandis que Napoléon l'attire à lui et l'embrasse. On entend au dehors des cris tumultueux.)
les soldats, au dehors.
L'Empereur !.. L'Empereur!..
napoléon.
Venez, Caulaincourt : j'entends mes soldats qui m'eppellent et je veux les revoir une dernière Tois!..
(Ils sortent, tandis qu'on entend au dehors les cris de: l'Empereur!.. l'Empereur!..)
Seizième tnMenu.
Le théâtre change, et représente l'île de Saint-Hélène; des rochers, l'Océan ; dans la perspective, Longwood. Napoléou vient du côté de Longwood seul, <-t paraissant plongé dans ses méditations, il s'avance le long des rochers, s'arrête, et regarde la mer, les bras croisés, la tète penchée, et dans l'attitude de la tristesse, On voit, à quelque distance de lui, un soldat anglais en sentinelle qui l'examine. Quelques instans après, Napoléon reprend sa promenade : le soldat fait quelques pas comme pour lui indiquer une limite qu'il ne doit pas franchir.
Napoléon l'aperçoit, et fait à la fois, un mouvraient d'indignation et un geste de résignation douloureuse : puis, brusquement, il revient sur ses pas et reprend le chemin de Longwood.)
i)ijr-H*'i>tii'»>t4> tiMbteau.
Le théâtre change et représente une partie des Champs-Elysées. Une douce lumière éclaire ce tableau dont l'aspect est fantastique. C'est un site poétiquement orné, c'est le séjour des ombres heureuses qui passent à travers des bosquets où flottent de légères vapeurs. Napoléon parait entouré des guerriers illustres de son époque ; auprès de lui est un général de l'armée d'Afrique.
NAPOLÉON, au général.
Oui, général, oui... dans tous les temps, des gloires nouvelles pour cette France que nous avons aimée!.. C'est maintenant sur la terre d'Afrique qu'on voit briller la bravoure de ses enfans !.. Oh! ces enfans sont dignes de leurs pères que si souvent je conduisis à la victoire !.. Tenez, écoutez!.. (On entend le canon.) En ce moment, une bataille commence, et le drapeau tricolore va compter un triomphe de plus... venez amis, venez... nous allons applaudir les vainqueurs !..
(Un nuage enveloppe les personnages qui, peu à pen disparaissent aux regards.)
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Le théâtre change et représente la plaine arrosée par l'Isly. Napoléon paraît au lointain , dans une gloire avec les personnages qui l'entouraient aux Champs-Elysées... Il examine la bataille qui se livre dans la plaine. — Bataille d'isly. — Apothéose.
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Uupr. e \1: ' ot l.ACeiim>, rue ë'Biigiiiefl, lî.
L'HOMME DU SIÈCLE