‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1420 sur 1577 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MARIE, D'OSBORN

marie, la regardant sortir. N'avoir pu l'embrasser!... oh! je ne croyais pas qu'on pût inventer pour moi un nouveau sup-^ plico !...

d'osborn, revenant à Marie. Marie

vous avez vu votre fille... il dépend de vous de lui pouvoir dès demain révéler le secret de sa naissance ; il dépend de vous de ne la plus quitter.

marie. L'ai-je bien entendu... ma Stella resterait auprès de moi !...

d'osborn. Dès demain, vous dis-je... et pour toujours.

marie. Pour toujours!... oh! quelle que soit la condition que vous mettiez à ce bienfait, j'y souscris d'avance. . . parlez. . . parlez. . . ou plutôt donnez-moi cet acte, je vais le signer à l'instant... Ma fortune, mon sang, ma vie, pour un baiser de ma fille...

d'osborn. Ce n'est pas cette signature qu'il me faut à présent.

marie. Je ne vous comprends plus.

d'osborn. Hier, vous avez écrit au roi... [Mouvement de Marie.) Christine s'est acquittée fidèlement du message que vous lui aviez confié... et demain un officier de Frédéric doit se présenter ici pour vérifier les faits dénoncés dans votre lettre. (Avec force.) Demain, Marie, vous déclarerez cette lettre

fausse , mensongère vous attesterez que

Christine , chassée d'ici , a voulu se venger par une infâme calomnie.

marje. Accuser Christine I

d'osborn. Vous déclarerez , sous la foi du serment, s'il le faut, n'avoir jamais eu connaissance de cette lettre ni des faits qu'elle révèle.

marie. Mais ce serait mentir à Dieu ! I

d'osborn , avec un sourire amer. Vous ferez cela... car je vous ai maintenant à ma merci, je ne crains plus de votre part ni lutte nirésistance... Hier, vous avez pu me braver

encore , je ne tenais en mes mains que votre vie... Aujourd'hui j'ai votre fille.

marie. Ma fille !

d'osborn. Me comprenez-vous , maintenant?

marie. Assassiner un enfant !... c'est impossible !

d'osrorn . Cet enfant n'est-il pas celui de Fridberg? ai-je fait grâce à Fridberg?

marie, avec égarement. Non... vous seriez implacable pour elle, comme vous l'avez été pour lui.. . vous la frapperiez jusque dans les bras de sa mère... Oh! vous avez dit

vrai, je ne résisterai plus je ne lutterai

plus... j'accuserai Christine... Christine qui s'est dévouée pour moi !... Je repousserai la justice royale que j'avais invoquée... Mensonge, blasphème, sacrilège ordonnezmoi tout, monsieur!... je suis prête...

d'osborn. L'otage qui est là me répond de votre obéissance , et je vous mettrai sans crainte en présence de l'officier que j'attends... à son arrivée, je vous ferai prévenir... jusque-là , rentrez dans votre appartement.

marie. Et Stella... ma fille?...

d'osborn. Vous ne la verrez qu'après le départ de l'envoyé du roi.

Il reconduit Marie, qui rentre dans sa chambre.

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