SCENE III
Les MIMES, JULIE, SALVl'-PREl V
jolie. Mes amis, je vous remercie.
d'orbe. Ali ça! m'expliqueras-tu ce qui \mis est ai rivé '
i \ hère CHAILLOT C'est vrai, je pleure vins savoir pourquoi.
d'orbe. Claire, me feras-tu l'houoeUr de me répondre ?
claire. Certainement... tu demandes avec tmt de grâce... Ghaillot, tu sais ces belles marguerites qui croissent sur nos montagnes, et que tu nous as appris à consulter.
D'ORBE. Belle science, ma foi!
CLAIRE. Je voulais en cueillir une pour savoir si quelqu'un... m'aimait.. . un peu, ou beaucoup..
n iiiiiii . Quelqu'un...
CLAIRE. Eh bien! oui, toi , gros jaloux ! La fleur était sur le bord du chemin...
d'orbe. Ciel! à deux pas de cet abîme !
claire Mais rassure-toi donc, et laissemoi parler. J'approcbe, le pied me glisse , je crie au secours... Julie arrive, me saisit par la main... mais , trop faible pour me retenir, j'allais l'entraîner dans ma chute..
JULIE, montrant Saint -Preux. Lorsque monsieur, qui, par hasard, se trouvait près de nous...
D'ORBE. Par basard?
CLAIRE. Sans doute. Eb bien! monsieur le pbilosophe, il ne faut pas rougir pour cela... vous êtes notre sauveur, et nous en sommes très-reconnaissantes, n'est-il pas vrai, ma cousine ?
JULIE. Oh.' oui... bien reconnaissante.
saint-preux. Madame , je suis assez heureux du service que je viens de vous rendre.
claire. Et vous croyez que je n'en parlerai pas par respect pour votre modestie. Julie en fera ce qu'elle voudra, mais pour moi, je dirai à tout le pays que c'est vous qui nous avez sauvé la vie.
LA mère chaillot. Bon jeune homme, je voudrais pouvoir l'embrasser.
(Tout le monde s'empresse autour de Saint-Preux.]
d'obiie, à part. Gomme il regarde ma femme! \Haul, et s' adressant aux paysans ) Suivez-moi, mes amis... venez, que je vous témoigne à tous ma reconnaissance , pour l'intérêt que vous avez pris au danger de ma pupille. Venez-vous avec nous, monsieur le professeur ?
SAINT-PREUX., a d'Orbe. Monsieur, jt suis à vos ordres.
LA MÈRE CHAILLOT. Donnt /-moi le bras, jeune homme... je veux boue a la santé de notre libérateur.
JULIE. Bonne Chaillot !
fSaint-Preus salue les deux femmes, et regarde Julie expressivemeut.)
CLAIRE. Au revoir , monsieur Saint- Preux., au revoir !
d'orbe, à part. Il la regarde toujours. (Huit/.) Venez doue, mon dur ami, venez donc. (lias à su femme) Tu vois bien, Claire, que je ne suis pas jaloux.
(Sortie générale.)
"QfcjOft'l O^fijk^O di