SCENE PREMIERE
CORNÉLIUS AGRIPPA, seul, assis; près de lui une longue baguette ; à sa main un billet qu'il Ut.
« Vous que la science renomme
» Comme un interprète divin ,
» Magicien ou Lieu astronome,
» Philosophe ou Lien médecin,
» Préparez une prophétie,
s Où d'heureux jours me soient comptés,
» Où l'amour et la poésie
» Restent mes anges adorés.
» N'allez pas ternir, ô mon père,
» La splendeur de mes rêves d'or ;
» Si l'heure au réveil est sincère,
» Oh ! iaissez-moi dormir encor. »
(Réfléchissant.) Henri Surrey! oh! quand j'aurais le pouvoir de scruter les mystères infinis de l'avenir, ce qui n'appartient qu'à Dieu, oh! enfant bien aimé du génie, que pourrais-je te révéler de plus brillant et de plus splendide que ta destinée présente? Tu ceins une triple et glorieuse couronne, celle du poète, celle du soldat, celle du comte, et tu es aimé d'une des plus nobles filles de l'Angleterre. Mais si tu devais tomber un jour du faîte où tu domines, est-ce à moi qu'il faudrait demander sous quel coup, par quelle main, sur quel champ de bataille, ou sur quel billot tu seras renversé, à moi pauvre médecin? J'ai les oppressés en pitié et les oppresseurs en mépris ; pour ceux-là surtout Cornélius Àerppa reste le magicien redoutable; mais quand un Clinton ou tout autre de son espèce et de sa corruption veulent tenter les mystères de ma pré-
tendue science, révélée par Dieu, je me plais à leur mettre dans l'ame ou une mensongère espérance ou une pâle frayeur. Mais pour leducGérald, je ne suis qu'un médecin dévoué comme le prêtre à l'autel ; ( on frappe ) pour Géraldine et pour Surrey, qui l'aime, un consolateur, un père.