SCENE II
Les Précédens, MARGARITA, Femmes du
PEUPLE
margarita. Eh! que faites-vous là, vous autres?
MAf.ASIN fil! \Ti:W,
assez y jouer un
!■: i:.i i . m. Tu le vis bien : nou repos
hargarita. En i ftet, vous avez entrepris de grands travaux ' Pendant que vous dormez au :, dos meilleurs citoyens sont incarcérés, jugés el condamnés... L'inquisition autrichienne pèse sur nous à côté de cellede Rome : il finit secouer toutes ces chaînes; la France imiis en donne l'exemple, et plusieurs de oos compatriotes les plus distingués n'attendent qu'un signal pour se mettre à la tête du mouvemenl. Debout, mes amis 1 debout ! l'heure de la liberté vient de sonner pour l'Italie.
ri ii;iii [o. Bah '. bah ! personne ne bouge; cl d'ailleurs les riches etlespuissans trouvent que la liberté est uri mois trop recherché pour le peuple.
margarii \. Ont-ils donc le palais plus délicat que nous ! je vous l'annonce, mes amis, le banquet est servi, ayez le courage de vous lever et d'y prendre place: qui donc osera vous défendre de vous y ;is>coir?
pi i ki i. i.io. Ah! s'il y avait parmi lo peuple deux cents bons garçons comme moi...
i \ HABITANT. Vous êtes fou, l'etruccio.
PETRUCCIO. On me l'a déjà dit plusieurs fuis.
DH BABITAKT. Restons tranquilles, mes .nuis ; les guerres des grands ne doivent être pour nous qu'un spectacle.
PETRUCCIO. J'aimerais rôle.
hargarita. Si tu te conduis comme un lâche, bien certainement tu joueras celui de pendu.
PETRUCCIO. Patience! le chanvre qui doit me serrer le cou n'est pas encore filé... Comme elle y va, la commère !
hargarita. lit vous autres, ne ferez-vous rien pour la patrie? Attendez-vous que le sort des armes, après vous avoir faits sujets de l'Autriche, vous rende esclaves de la France?
petruccio. La république française ne fait point d'esclaves ; elle est l'alliée des peuples et l'ennemie des rois.
hargarita. Montrez-vousdoncdignes d'une si noble alliée! déclarez-vous, et que l'Italie ait au moins la gloire d'entendre proclamer par des voix italiennes la liberté delà patrie... Allons, l'etruccio, allons, mon brave! toi, que toujours on a vu le premier courir sur les sbires et sur les commis de la douane, n'auras-tu du courage que pour frauder les droits ou soutenir des tapageurs? J'ai vu des temps où ta voix soulevait le peuple comme un ouragan! N'es-tu plus le même? As-tu peur aujourd'hui ?
petruccio, se levant brusquement. Peur!
Cette diable de femme me déchire avec son mépris; ses railleries sont comme un fer ardenl qui me brûle... Petruccio, avoir peur! et peur d'un Autrichien !
PREMIER HABITANT. De la pi udeiiee. ^Lnori ; rentrons chacun chez nous : voici les Autrichiens qui montent dans la ville.
PETRUCCIO. La place publique est mon chez
moi: «'est celui < I u peuple qui n'a guère que Cet asile. Je reste ici.
roi S. .Nous notons tous.
PI n-.i ccio. Au diable les Autrichiens ! Eh bien Margarita, ai-je peur?
HARGARITA. Tu es un brave, je te reconnais.