SCENE VI
Les Prëcédens, JUNOT, Dragons, MELZI et la Députation italienne.
junot. Que vois-je là? des stylets et des poignards! Milanais, que tout rentre dans l'ordre; sachez que, l'armée française étant maîtresse de Milan , la clémence et la générosité doivent y régner avec elle.
margarita. Colonel , ce brave homme et les siens viennent de sauver du supplice le docteur Uberto, un ami de la France, un patriote.
Junot. Voilà un brave garçon... Mon ami , reconduisez hors de Milan sans insulte, mais sans retard, tous ces moines fainéanset leurs partisans fanatiques,
petruccio. Allons! mes excellens pères, il faut nous mettre en devoir de courir comme des lièvres ; car la colère du peuple italien , lorsqu'elle s'allume sur le midi, ne se calme souvent que le soir, avec la brise des montagnes , et après avoir fait répandre bien des pleurs et du sang.
le prieur. J'en appelle au pape.
petruccio. Appelles-en au diable' ton vrai patron. Marche !
le prieur. Ce terrain est sacré.
petruccio. 11 n'y a rien de sacré que la volonté du peuple. Allons! marche, te dis-je! et vivent l'Italie et la liberté!
Les moines sont emmenés.