SCÈNE IJ
FARIBOUSSOUL et HASSAN.
hassan. Ma foi, je n'ai aucune idée du pa>s où nous sommes, ni de ses habitants. Inierroge-donc un peu ces gens-là.
FARIBOUSSOUL, à deux passants. Seigneurs, un moment, je vous prie; serait-ce un efl'et de voire bonté de me donner quelques rensi ignement!<?(£es<2eM;r hommes continuent leur chemin sans le regarder.) Ils ne sont guère complaisants dans ce pays-ci. [A une femme qui passe en travaillant.) Belle daine , je voudrais bien savoir... (La femme continue son chemiu.) Merci... bouche close ! en vo:là des femmes bizarres! elles ne parlent pas. (.4 une danseuse.) Madame aime la danse? madame fait des battements? jolie jambe? joli pied? (Elle lui donne un coup de pied. A un joueur de cartes.) Ah ! ah! vous avez de l'atout... vous avez beau jeu... vous devez être de bonne humeur».. eh ! t h ! en ce cas, vous allez me dire... (Le joueur continue de jouer, et lui rase le nez avec ses cartes.) Ah ça, mais c'est trèsmalhonnête ; est-ce qu'on reçoit les étrangers comme ça?
Hassan. En effet, l'accueil est singulier. .. qui de vous, s'il vous plaît, voudra bien nous répondre un seul mot? Gomment!... personne !...
fariboussocl. En voilà une contrée mal élevée. J'aimais mieux les sauvages !... Au moins, on trouvait des singes à qui parler... A propos de singes (montrant un jardinier), je m'en prends à celui-ci... Eh l'ami ! tu as entendu nos questions ; veux-tu bien me répondre tout de suite? si tu es muet , dis-le. (Il crie très-haut elle menace.) Drôle, maniant, butor, il ne bouge pas... C'est qu'il a peur... Ah ! tu as peu.-!... eh bien alors (il retrousse ses manches) nous allons voir...
Hassan. Fariboussoul!..
fariboussoul. Non, non... je veux lui casser la mâchoire, pour lui délier la langue... attends, Attends...