‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 194 sur 1577 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Lu Prêcêdeas, LA REINE DE PRUSSE, LE GRAND-DUC.

napoléon. Ah, madame, cette visite est uni- faveur, le grand-duc Constantin m'est témoin que je voulais hier [(revenir Votre Majesté.

LA REINS. Voire Majesté avant fixé la plus inconstante divinité , ne doit point s'étonner si nous autres, im 1 mortelles, nous ne nous montrons pas inoins prévenantes que la fortune.

napoléon. Ah ! madame ! que dites-vous? votre illustre prédécesseur soutenait que la fortune était toujours du côté des gros bataillons.

la reine. Celte fois elle a été du côté des talens et du génie...

napoléon. Vous me rendez confus...

la reine. Nous avons appris à vous admirer ; à la vérité , il nous a fallu un peu de temps.

napoléon. Il n'en faut point auprès de vous.

la reine. Votre Majesté est trop polie; quant a moi, je reconnais mes torts, mes préventions. Oui, prince, je l'avoue hautement, j'ai mal compris les temps; le trône du grand Frédéric me semblait nous donner Iroits à l'arbiti ope; nous

nous sommes cru i les héritiers de son génie, quand nous n'éti ns que les successeurs de sa

puissance Ce fol orgueil nous a perdus,

mais j'espère que je héros du siècle ne voudra pas punir un noble roi eî un peuple généreux i!es erreurs d'une faible femme; sa gloire est trop brillante

napoléon Madame, mes senti mens personnels vous sont soumis; j'ai prouvé à la princesse de llasfeld que lorsque je pouvais pardonner...

la reine. La conduite de Votre Majesté fut admirable en cette circonstance, elle m', virement émue. Je ne vous cacherai pas que, dès cet instant, abjurant toute haine et toute prévention, mon désir sincère a été de devenir l'alliée de la France et l'amie de Napoléon.

le grand-duc. A cette époque , Votre Majesté m'a souvent parlé dans ce sens.

napoléon. Combien je regrette que ces bonnes dispositions de la reine m'aient été connues si tard !

le grand-duc. C'est la faute des événemens.

^ la reine. C'est un peu la mienne aussi ; j étais honteuse de m'ètre laissé abuser sur

le compte de Voire .Majesté, je n'osais revenir brusquement; ma dignité île reine, mou orgueil (•;• femme... (Souriant.) Votre Majesté di il nous connaître?

NAPOLÉON, souriant. J'avoue, madame, que je connais mieux la pierre.

LA reine, avec u race. Nous ne nous la ferez plus, n'est-il pas vrai?

NAPOLÉON. A vous, madame, j< veux être désormais le plus dévoué de vos admirateurs.

la reine. Vous mêle promettez?., eh bien ! faisons la paix. J'en veux un gage.

napoléon, prenant une rose. Que celle rose, moins belle que vous, nous tienne lieu de traité.

la reine. Je l'accepte... mais avec Magdebonrg.

napoléon. Magdebourg! cette ville reviendra un jour au roi de Prusse ; elle n'est qu'une sûreté entre mes mains.

la reine. Qu'en avez-vous besoin maintenant ? ne nous entendons-nous pas ?

napoléon. J'ai déjà promis de diminuer la contribution de guerre...

la reine. Oui, l'empereur Alexandre et le grand-duc m'ont instruite de vos bonnes intentions.... montrez-vous tout-à-fait généreux... allons, ren lez-moi Magdebourg.

napoléon. Madame , laissons ces graves questions à nos ministres, au roi votre époux.

junot, annonçant. Sa Majesté le roi de Prusse arrive dans les cours du palais.

la reine, à part. Il vient trop tôt, tout est perdu !

napoléon, au grand-duc. Ah ! mon frère ! quel piège vous m'avez tendu!

le grand-duc. Je vous ai vu plus embarrassé que devant l'ennemi.

napoléon. Mille fois, mais je suis sauvé. Madame, veuillez accepter ma main, et allons recevoir votre époux.

la reine. Faudra-t-il que je vous quitte avec le regret de vous avoir trouvé moins grand que je ne l'avais cru ?

napoléon. Madame, c'est la faute de ma destinée.

La reine fait un mouvement pour refuser lu main uY il. m pereur ; elle l'accepte enfin, et s'éloigne en lui parlant avec chaleur.

FIN DU DEUXIÈME TABLEAU

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Troisième Tableau.

Le Bal de l'Hôtel -de-Ville.

NAPOLEON

MAMK-LOUISE.

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