‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 211 sur 1577 · SANCHO, LA GOUVERNANTE, THÉRÈSE PANÇA, SANCHETTE · texte numérisé non relu

SANCHO, LA GOUVERNANTE, THÉRÈSE PANÇA, SANCHETTE

la gouvernante. Tenez, entrez, le voilà ; vous étiez bien sûres de le trouver ici... il n'en sort pas.

Elle les laisse ensemble.

Thérèse Ah ! te voilà donc, coureur !

sancho. Je courrai bien mieux quand je serai tout-à-fait errant.

sanchette. Comment, père, vous allez décidemment nous quitter?...

sancho. Je vais conquérir des royaumes, des îles, des comtés... enfin tout ce qui me tombera sous la main.

Thérèse. Ne vois-tu pas qu'il est devenu aussi fou que le seigneur Don Quichotte, qu'il va suivre.

sancho. Vous ne trouverez pas ça, madame Pança, quand vous serez reine, ou gouvernante, ou comtesse... et comtesse, c'est le moins.

Thérèse. Et où trouverez - vous tout cela?...

sancho. Ça regarde le seigneur Don Quichotte, mon maître; il conquiert, lui... moi, je gouverne ; et toi , ma petite Fachctte, tu seras princesse... et Grison... c'est lui qui en aura de l'agrément quand je serai gouverneur

Thérèse. Ça... gouverneur de dindons...

tout au plus.

sanchette. Si j'étais princesse, je n'irai plus au marché, n'est-ce pas, père?

sancho. Je crois bien.... Grison non plus.

sanchette. Nous ferions nos quatre repas tous les jours ?. . .

sancho. Certes; Grison aussi.

sanchette. Vous me donnerez une robe pour les dimanches?...

sancho. Un licou neuf à Grison.

Thérèse. Au lieu de donner dans toutes ces sornettes, vous feriez bien mieux de laaburer le peu de terre que nous avons pour onoir en réserve quelques mesures de blé qui vous serviraient à marier Fanchette. . . à Péblo.

sancho. Le chevrier... fi donc!... une fille de gouverneur !...

Thérèse Quel malheur de voir un homme qui n'était que bête, devenir fou en si peu de temps!...

sanchette. Pourtant, ma mère, à présent je ne peux plus écouter Péblo Je chevrier.

Thérèse. Allons, voilà l'autre, à présent!. . . En attendant toutes ces richesses, nous laissez-vous quelque chose sur vos appointements ?. . .

sancho. Dans l'état d'écuyer errant il n'y a pas d'appointements; on reçoit tout en gros!...

Thérèse. Ou rien!...

sancho. Vous verrez ça... Thérèse, ma mie... embrassez-moi, si ça vous convient, et adieu...

Thérèse. Je n'ai que faire de vos embrassements ; mais je veux que vous veniez à la maison ; on ne quitte pas comme ça une famille sans s'inquiéter de ce qu'elle deviendra...

^ sancho. Je veux bien aller à la maison , d'autant plus qu'il y a encore un peu de vin que je ne veux pas laisser s'aigrir pendant mon absence ; il faut aussi que je prenne mon âne et mon bissac... Venez, ma famille... je vous laisserai quelque chose avant de partir... ma bénédiction !...

ENSEMBLE

Air : II faut laisser là Vouvrage.

SANCHO

Allons, pour que ça finisse, Gagnons vite la maison ; Venez que je vous bénisse, Et que je selle grison.

THÉRÈSE

Il est temps que ça finisse, Et qu'il quitte la maison ; Certes, il a par maléfice Perdu toute sa raison.

sanchette, à sa mère.

Vous grondez, quel injustice !

Pourtant, mon père a raison \ Que bien vite il s'enrichisse Et revienne à la maison.

Ils sortent tous trois par le fond; le Docteur le Bachelier et Nicetta sortent document cla'bibliothèque.

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