livre; derrière lui est C.laes, qui lui chatouille le
' ace un brin de paille. Richard dirige le
es garçons dans le fond. T Irlck, seul,
droite, les bras croisés, semble rtgaider
■ si simple avec dégoût et inépris.)
CHŒUR
Achevons gaîment la veillée Au joyeux tictac du moulin, Au bal, sous la verte feuillée,
s irons tous danser demain.
Demain le plaisir nous appelle A la noce de Niocelle Avec Ulrick, son bem cousin.
Bon Saint-Donat, \ cille sur elle, Et que d'Ulrick le cœur fidèle Mérite son heureux destin!
IUCUAi.D.
. fermez les vannes, garçons... Tont notre t n onde est servi, et le moulin pourra chômer in, sans faire tort à personne, pour le mariage de mon bon frère Uirick... (A Jeanne.) N'est-ce pas, mère?
JEANNE MARTENS
Sans doute, sans doute, assez de travail; au
• maintenant... Eh bien! Ulrick, que fais-
ttt dor.c là, à nous regarder tous ainsi?.. On
dirait que tu rêves tout éveillé... Qu'ts-tu donc,
mon enfant?
ULRICK
J'oi?.. rien... je réfléchis.
JEANNE MARTENS
A quoi? au bonheur qui t'attend demain?.. mus cela ne devrait pas te donner l'air triste.
Aussi, n'est-ce pas à cela que je songeais.
JEANNE MARTENS
Mais.
NIOCELLE, bas.
Ne le tourmentez pas... il est encore dans se's humeurs noires. Quand nous serons maries, je tâcherai de le guérir de ces tristesses la... (naut.) Voyons, qu'éilons-nous faire pour r la veillée ?
FRIDOLIN
Si vous voulez, je vous lirai une légende de
mon gros livre... justement, j'en tiens là une superbe : le Cheval du Diable !
NIOCELLE.
Encore des sorcelleries et des diableries... Et puis après, on ne peut plus dormir sans faire des rêves épouvantables... Non, non, autre chose. •
lin. h V.RD.
Que ne chantes-ta une ballade, petite cousine? Tu sais que nous avons toujours grand plaisir à t'entendra... et je suis sûr qu'Ulrick aussi aimera mieux ça... .N'est-ce pas frère?
ULRICK
Moi?., ça m'est égal.
NIOCELLE.
Qu'il est gentil!.. (A Jeanne.) Décidément, il est malade ce soir... (Aux autres.) Quelle ballade voulez-vous?.. Dites, et je chanterai.
RICHARD, s'appuyant sursa chaise.
Eh bien! chante la plus nouvelle, celle de Baudouin-à-la-Hacbe... Elle doit intéresser tout le monde ici, puisque c'est l'histoire du souverain qui nous gouverne, et qui a délivré notre belle Flandre de l'oppression des nobles et du pillage des Malandrins.
FRIDOLIN
Ce qui l'a fait nommer aussi par le peuple Baudouin-le-Justicier... Beau surnom pour un prince, surtout quand il est mérité... Va, petite, nous t'écoutons.
NIOCELLE.
(Musique dr M. ScbneitzboeOerJ.
Pour conquérir une gloire immortelle, Baudouin, un jour, saisissant son drapeau, S'en va combattre et punir l'infidèle, Qui du Seigneur outrage le tombeau.
Dès qu'il est loin, hélas I la pauvre Flandre, Sur ses enians voit fondre le malheur 1 Ses pleurs, ses cris, il ne peut les entendre; Qui donc, graud Dieu! finira sa douleur?
REFRAIN
Méchant, tremblez ! il revient implacable, Il va compter vo- crimes, nos affronts! Tremblez ! sa hache redoutable .
Se lève sur vos fronis !
DEUXIÈME COUPLET
Oui, le voilà ! respire pauvre Flandre,
Le ciel enfin a pitié de tes maux.
L'espoir, la paix, Baudouin va te les rendre,
Et loin de toi Chasser tous les f!é?.n\-.
Dès qu'il paraît, c'est l'oppresseur qui tremble;
l'opprimé toujours il est l'appui; Dans sa justice, à Dieu même il ressemble ; Il est partout et voit tout comme lui!
REFRAIN
Méchants, fuyez! car il est inflexible, L'arrêt porté, nul n'échappe à ses coups. Fuyez ! car sa hache terrible Va se lever sur vous!
FRIDOLIN
Le fait est que notre Seigneur Comte, depuis
son retour de la croisade, porte toujours à sou côté une hache fraîchement émoulue... si bien que quand le bourreau n'est pas là, il fait luimême justice... Et voilà d'où lui vient le surnom de Beaudouin à-la-Hache... c'est ce que dit le troisième couplet.
CLAES
Eh bien ! si le troisième couplet le dit, pourquoi, nous le dire, vous, vieux bavard?
FIUDOUN.
Hein! drôle! qu'est-ce que c'est?
CLAES
C'est vrai ça, il nous coupe notre satisfaction... et avec une voix de pintade encore !.. C'est égal, Mam'zelle, chantez toujours, canons remettra... (On entend la cloche du couvre-feu.) Allons, bon, il n'est plus temps !.. v'ià le couvre feu.
(Toutes les femmes se lèvent.)
CHOEUR
Sans plus larder, quittons ce lieu.
Que chacun rentre en sa demeure, Séparons-nous, car voici l'heure, L'heure du couvre-feu !
(Tous les voisins et voisines se retirent, après avoir allumé leurs lanternes.)