SCÈNE V
Les Mêmes, DJINA, la bohémienne.
DJINA, en dehors.
Ouvrez, par grâce et donnez-moi gîte pour cette nuit.
Je reconnais celte voix... c'est celle de Djina, la bohémienne.
FRIDOLIN
Une bohémienne, une sorcière!.. N'ouvrez pas alors, elle nous jetterait des sorts, et ferait tourner la soupe aux choux!
NIOCELLE.
Le fait est que c'est depuis qu'Ulrick l'a vue à la dernière kermesse, qu'il est devenu si triste... Elle lui en a peut-être jeté un... Non, non, n'ouvrons pas.
ULRICK
Comment, toi aussi, Niocelle, lu aurais le cœur de laisser une pauvre vieille femme dehors par le temps affreux qu'il fait?
NIOCELLE.
Mais, dame, c'est pour toi.
ULRICK, se levant.
Oh ! pour moi, sois tranquille, si malheur m'arrive, ce n'est pas d'elle qu'il me viendra.
(il va ouvrir. Djina entre en secouant la vieille couverture, rayée de noir, qui lui sert de manteau.)
DJINA, à l lrick.
Merci, mon enfant, merci.
ULRICK, lui donnant un siège.
Tenez, mettez-vous là près du feu, bonne femme, et mangez une assiettée de soupe, ça vous réchauffera,