‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 309 sur 1577 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, moins MATHIAS BROWER.

ULRICK, allant vivement à Jeanne, dont il porte la main à ses lèvres.

Ma mère !

JEANNE, le pressant sur son cœur.

Mon enfant !... m'avoir renié, loi !

Pardonner-moi, ma mère.,, il m'en a bien

coûté, croyez-le, d'en être réduit là.., Mais vous reconnaître c'était me perdre, car c'était dire au comte que je l'avais trompé... et vous savez combien sa justice est sévère et inflexible!... Que je sois vainqueur au tournoi, et quelque chose médit là que je le serai... j'irai combattre en Terre-Sainte alors ; et là, dévouant chaque jour ma vie, je me ferai pardonner à force de gloire la faute que j'ai commise ici... et je vous rapporterai tout à la fois honneurs et fortune... Vous pourrez vous montrer alors heureuse et fière de votre fils !

JEANNE

Heureuse, mais ne le suis-je pas?.. Fière, mais n'aurais-je pas droit de l'être de ta seule loyauté?...

ULRICK

Mais elle, ma mère, ma Niocelle bien-aimée ?

NIOCELLE.

Moi, Ulrick!.. Et qu'ai-je besoin au-delà de ton amour? Ces trésors, ces honneurs que tu veux me donner, j'en ai peur, moi... il me semble que le malheur doit venir avec eux.

ULRICK

Non, non, rassure-toi, c'est le bonheur aossi que je te rapporterai !

(On entend un appel de trompettes).

CLAES

Ecoutez, maître... c'est le premier signal du tournoi.

ULRICK

Il faut donc nous séparer encore, ma mère.

JEANNE

Mais ne nous diras-tu pas au moins d'où te viennent ce titre et ce nom que tu portes ?

ULRICK

Plus tard, ma mère, vous saurez tout... Le titre, je gagnerai le droit de le garder; le nom, je le quitterai quand j'aurai rendu le mien plus illustre... Ce qui ne changera pas en moi, quelle que soit ma fortune, c'est ma tendresse et mon respect pour vous, ma mère, et mon amour pour l'ange que je laisse en votre garde et celle de Dieu!

JEANNE

Tu me jures donc ici de ne jamais songer à une autre union ?

ULRICK

Je vous le jure, ma mère !

JEANNE, à Fridolin.

Vous avez entendu son serment, mattre, jurezmoi à votre tour de ne jamais souffrir qu'il de-< vienne parjure.

FRIDOLIN

Jamais ! jamais ! quant à ça !..

UN ÉCUYER, paraissant à l'entrée de droite. L'escorte vous attend, Jeanne Martens.

(Second appel de trompettes)»

ULBICK.

Et l'on m'appelle aussi... (Bas.) Adieu, ma mère !

JEANNE, de même.

Dieu te garde, mon fils !

(Il sort avec Claes et Fridolin par la gauche ; Jeanne et Niocelle sortent avec l'écuyer par la droite. — Changement à vue.)

MeeeecseeeeeeeeeeeeeemeeMeeeeMMWMsessœeseeeeM

Quatrième tabMean*

Page 1