SCÈNE III
Les Mêmes, JEANNE MARTENS.
(Jeanne sort de? rangs de la foule et s'avance seule dans l'espace laissé libre devant le porche. — Stupéfaction générale.
l'empereur.
Sais-tu bien ce que tu fais, malheureuse?
JEANNE
Je sais ce que je fais , et ce que je fais est mon devoir.
l'empereur.
Quelles sont donc tes raisons ?
JEANNE
Mes raisons?., je les dirai d'abord à celui que l'on vient de nommer le chevalier Arundel d'Angleterre, et si elles ne lui paraissent pas suffisantes pour le décider à renoncer lui-mè <■ à l'honneur qu'on veut lui faire... eh bien ! alors, ces raisons, je les dirai à tous... et on nous jugera.
ulrick, à part.
Malédiction !..
Baudouin, descendant les marches.
Mais je reconnais cette femme... c'est la même qui est venue me demander justice à mon palais de Bruges.
JEANNE
Oui, prince, et qui vient aujourd'hui vous payer dignement la bonne justice que vous lui avez rendue.
BAUDOUIN
Que veux-tu dire ?
JEANNE, montrant Ulrick.
Ordonnez d'abord que cet homme vienne à moi et m'écoute seul quelques instans... Tout s'expliquera ensuite pour vous-même.
BAUDOUIN, à Ulrick.
Faites donc ce que cetle femme demande, chevalier.
(Ulrick, dans le plus grand trouble, descend les marches du portail et va joindre sa mère. Odyle s'appuie chancelante sur une de ses femmes, et entre dans l'Eglise, où l'Empereur et Baudouin la suivent avec intérêt. Les autres personnages demeurent où ils sont, à distance de Jeanne et d'Ulrick. Les gardes qui forment la haie repoussent la foule qui veut s'approcher, emportée par la curiosité.)
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