SCÈNE VI
Les Mêmes, DJINA la bohémienne, en costume de matrone.
ulrick, à part.
BAUDOUIN
Qui ose ici ?..
DJINA, s'approchant.
Oublies-tu donc, comte de Flandre, que c'est au courage et au dévouement de ce chevalier que tu dois la vie de la fille? Une seule voix l'accuse, une seule... et ta hache se lève déjà pour le frapper !.. Qui te prouve pourtant que tout ce que tu viens d'entendre n'est pas une machination infernale pour perdre ce noble jeune homme ?.. Il est sou fils, dit cette femme..
mais a-t-il reconnu 6a mère, lui ? a-t-it avoué le crime qu'elle lui impute ? et ces gages qui t'ont si bien trompé, ce secret de l'armure, tout cela ne peut-il pas être œuvre satanique, fraude et sortilège ? Elle est sa mère, celte femme , sa mère!., elle!., mensonge! comte Baudouin, mensonge!.. Si elle était sa mère, l'aurait-elle voué à la mort ?
Baudouin, à Jeanne.
Qu'as-tu à répondre ?
JEANNE
Qu'il vous réponde, lui !
BAUDOUIN, à Uirick.
Parlez donc !
ULRICK
N'ai-je pas répondu déjà, sire Comte ?
Oui, je suis folle, n'est-ce pas? et tu me renies encore !
DJINA.
Contre la magie et les maléfices de l'enfer, entre l'accusation et le désaveu, il n'y a qu'une épreuve, celle du feu, nous le savons tous... Ordonne donc cette épreuve, Baudouin... que celle qui accuse la subisse la première, et alors la vérité sera connue.
LE peuple, excité par les agents de la bohémienne. Oui, oui; le feu ! le feu !..
(Sur un signe de Baudouin, le bourreau et ses aides apportent un trépied sur lequel est allumé un feu ardent. Les tourmenteurs soufflent et attisent le feu. Mathias Brower remet la main de justice au bourreau. Tout le monde sort de l'église et s'avance sous le porche.)
LE PREMIER HUISSIER, au peuple qui s'agite. Silence! peuple.... Respect à la justice de Dieu !
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