‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 386 sur 1577 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

L'EMPEREUR, BERTAUD, Officiers

d'ordonnance.

l'empereur, aux Officier» d'ordonnance.

N'est-il venu personne pendant ma conversation avec le duc de Vicence ?

un officier. Trois courriers sont arrivés, Sire, et dont voici les dépêches,

l'empereur. prenant let dépêches et décachetant la première. D'Italie... Comment!

Eugène ne peut m'eavoyer les 20,000 hom-

mes que je lui ai demandés... Murât s'est déclaré contre moi?.. (Ouvrant la seconde dépêche») D'Augereau ! Il a remonté la Saône, il s'est porté sur Vesoul , c'est de cette ville qu'il m'écrit.

l'officier. Lisez , Sire.

i.'emperei k. Comment! il s'est amusé à guerroyer avec Rubna, à le renfermer dans Genève ; il a son qnaitier-général à Lons-le- Saulnier , c'est de Lons-le-Saulnier qu'il m'écrit 1 Mais il va livrer le passage de la Saône.

l'officier. Hélas ! Sire , c'est fait.

l'empereur Oh ! le malheureux ! il a manqué l'occasion de sauver la France ! Le maréchal Sachet partira à l'instant même pour prendre le commandement de Lyon , Berthier lai remettra mes ordres. (Outrant la troisième dépêche.) Trévise! De Château- Thierry? Et pourquoi pas de Soisson.-»?

l'officier. En débouchant sur la vallée de l'Aisne, il a trouvé Soissons pris.

l'empereur. Pris! Soïssoqs pris! Rusca m'a laissé prendre Soissons?

le courrier. Sire , le premier boulet tiré par l'ennemi l'a coupé eu deux.

l'empereur. Oh ! en vérité, c'e^t plus que du malheur, c'est de la fatalùé ! Partout où je suis, victoire ! partout où je ne suis pas, défaite! Il me faudrait les trois têtes de Géryon, les cent bras de Briarée, de Brienne à Troyes, de Troyes à Cbampaubert, de Champaubert à Monlmirail, de Montmirail à Château-Thierry, de Vauchamps à Montereau; m;iis je me fatiguerai , moi aussi, à tous ces bonds de tigre. Messieurs, donnez des ordres afin que l'on réunisse autour de moi le plus de troupes possible; faites venir tout ce qu'il y a d'h mîmes à Sézanne, à Villeuove, à Marigny. Il faut que j'en linisse demain avec Blùcker ; laissez- moi , messieurs, laissez-moi; j'ai besoin d'être seul. (Tout le monde se retire, excepté Bertaud.)

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