SCENE III
Les Mêmes, POINTU, PORTEFAIX, LE CAPITAINE DE FRÉGATE CAMP- BELL, LE MAJOR KOLLER.
Campbell. Eh bien , messieurs , qu'est-ce que cela, et que voulez-vous ?
pointu. Nous voulons l'usurpateur.
campbell. Ces gens-là sont fous.
pointu. Qu'est-ce qu'il dit le homard?
portefaix. Il dit que nous sommes fous.
campbell. Fous ou enragés, à votre choix. Le maître de l'hôtel?
l'aubergiste. C'est moi, capitaine.
campbell. Je suis le commissaire anglais chargé de conduire l'empereur Napoléon à l'île d'Elbe, et voilà mon collègue le major Koller, commissaire prussien.
les portefaix. L'empereur Napoléon?
(Murmures.)
campbell. Oui, Messieurs, l'empereur Napoléon. On ne cesse pas d'être empereur parce qu'on n'habite pas les Tuileries , pas plus que le pape qui es', mort à Valence n'avait cessé d'être pape pour ne plus habiter le Vatican. Toutes les majestés viennent d'en haut. Qui a été, est, et qui est, sera.
pointu. Eh bien, il no sera pas longtemps, voilà ce que j'ai l'honneur de vous dire, monsieur le commissuire.
CAMPBELL. Est-re qu'il n'y a pas des autorités constituées dans celle nlleî
pointu. Ah! oui, les autorités I il faudrait qu'elles eussent la force pour elles les autorités.
campbell. Il n'j a pas te garnison!
LA BARRIKRK (XICHY.
pointu. Deux cents hommes de troupe de
ligne.
CAMPBELL. Ces tleux cents hommes ont un commandant?