‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 414 sur 1577 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

VICTOR, puis successivement les mêmes Officiers que l'onavus au tableau d'Avignon avec Emman >.iel ; ils sont déguisés, les uns en chasseurs, les autres en muletiers.

victor. Cette visite du préfet m'inquiète; aussitôt que nos amis seront partis, je monterai chez ma sœur et je m'informerai! Ali ! voici quelqu'un.

le colonel, sur le perron. Etes- vous seul, Victor ?

VICTOR. Oui, ne craignez rien, vous pouvez entrer. Personne ne vous a vu ?

le colonel. Personne! Entrez, Messieurs.

victor. Depuis quand êtes-vous iri?

le colonel. Depuis hier matin; ces messieurs depuis ce soir.

fouit m':. la garnison est entrée dans la place, n'est-ce pas, monsieur Victor?

VICTOR. Oui.

fortuné. Eh bien ! voila les citrons, le sucre, le rhum et tout le bataclan.

victor. Meici, mon ami.

fortuné. Dites donc, monsieur Victor?

victor. Eh bien !

FORTUNÉ. Je ue dis pas que vous conspiriez; mais n'importe, prenez garde de vous laisser prendre, hein !

VICTOR. Sois donc tranquille, mon ami!

va! va !

fortuné. Vous comprenez, c'e^t ma façon de penser, à moi.

victor. Parfaitement.

SCÈ.NE IX.

Les Mêmes, moins FORTUNÉ.

VICTOR. Nous voilà réunis, Messieurs ; procédons vivement et sans perdre une seconde. Que chacun de nous dise ce qu'il a qui nous reste à

fait et nous verrons ce faire.

le général. J'ai vu le comte d'Erlon; vous savez qu'il commande la garnison de Lille; il s'engage à marcher sur Paris au premier signal. Il répond de ses hommes cornue, de lui-même.

le colonel. Moi, je viens de Cambrai, j'ai vu le général Lefèvre Desnouettes qui commande les chasseurs royaux, c'est-àdire les anciens chasseurs de la garde ; il va s'entendre avec le comte d'Erlon, et feront leur jonction au jour convenu ; en outre, je suis passé par La Fère, j'ai vu Lallemand, il répond de s'emparer de l'arsenal, et en revenant je me suis abouché avec le général Rigaud à Chalons; il attendra votre communication, général.

le général. Et vous, Victor ?

victor. Moi, je me charge de soulever le département de l'Isère, tout entier. Il n'y a pas un paysan ayant touché un fusil qui ue soit à ma disposition.

le général. Eh bien, moi, je vous donnerai des nouvelles : le roi est furieux Ii y a tout un complot vendéen , une conspiration ultra; il ne s'agit de rien moins que d'une Saint- Barthélémy bonapartiste.

le colonel; Avez-vous vu le secrétaire d'Etat?

le général. Oui.

tous. Eh bien, que pense-t-il?

le générai.. Il pense que le moment est venu pour l'Empereur de faire une grande tentative.

victor. Et vous a-t il donné une lettre d'inlrodu: tion auprès de l'Empereur?

LE général. Non ; il m'a dit qu'an mot de lui saisi sur l'un de nous, c'était la mort. Mais au moment de quitter l'empereur, l'Empereur, comme signede reconnaissance, a déchiré en dix morceaux une lettre d< L'impératrice Marie-Louise; chaque morceau est un talisman qui doit conquérir à celui qui le porte tonte la confiance de l'illustre prisonnier, l n de ces précieux fragments m'a été confié « t le voilà.

TOI S. Bien ! bien !

LE GÉNÉRAL. Maintenant, qui va partir pour l'île d'Elbe?

TOUS. Moi! moi ! moi !

LE GÉNÉRAL. Pardon, Messieurs; nous

sommes tous si dévoués à l'Empereur, que le (h i\ d'un de nous serait une injure poulies antres; d'ailleurs mon avis esl que dans les grandes circonstances, il fair. faire la part de la fortune, mettons nos six noms dans un chapeau, celui dont le nom sortira sira noire messager.

TOUS. Très-bien.

le général. Est-ce adopté?

TOUS. Parfaitement.

LÉ GÉNÉRAL. Écrivons, Messieurs. (Chacun écrit, chacun apporté tant bulletin plié (]>it> l'on met dans un chapeau.) Qui va tirer ?

VICTOR. Messieurs, voulez-vous que ce soit un homme complètement étranger à notre association? le vieux soldat qui Vous 9 introduits par exemple

le général. A merveille !

tous. Oui ! oui ! oui !

Victor. Fortuné! Fortuné!

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