LE COLONEL, FRANCE
LE colonel. Tu as be'iu dire, ma chère France, il se ja^sait, l'autre soir, quelque chose d'étrange ici. J'ai entendu du bruit, des menaces, quelque chose comme un cliquetis d'armes; pourquoi m'as-tu quitté pour me précéder précipitamment au lieu de me conduire? — Comment se faisait-il que le général Michel , un de mes vieux amis , le colonel Gérard , mon compagnon d'armes ,. fussent ici, chez moi, sans que j'en fusse prévenu ?
France. Mais, mon père, Victor vous l'a dit : ils ne faisaient que passer, ils allaient s'embarquer à Toulon pour rejoindre l'armée d'Italie, où Victor espère les rejoindre un jour ou l'auire.
le colonel. Mais, lui-même, Victor, où est- il ? Comment , depuis cette soirée-là, ne l'ai-je point revu?
France. Mon père , je vous l'ai dit, parce qu'il est allé lui-même à Paris, solliciter au ministère de la guerre sa mise en activité.
le colonel. Ecoute, France, ou me trompe ici.
France. Mon père!
le colonel. Depuis huit jours, tu souffres ou tu crains.
FRANCE. Moi?
le colonel. Toi. Ta voix n'est plus la mêii.e, ta main est froide et tremblante, tu tressailles toui à coup comme quelqu'un qui, d'un moment à l'antre, s'attend à une mauvaise nouvelle Voyons, France, dis-moi tout; tiens, tiens, dans ce moment-ci, à ta respiration, je sens qu" tu es prête à pleurer.
France. M<m père, mon Dieu, mon Dieu!
que dire? que faire?