‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 440 sur 1577 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, L'EMPEREI ft, Soldats.

l'empereur. Oui, mes amis, l'Empereur, l'Empereur qui, sacba.n que vôns le regrettez, \ient avec une poignée de braves, parce qu'il compte sur vous. Vou > êtes m nacés des dîmes, des privilèges, det droits féodaux, de tous les abus dont nos succès vous avaient délivrés. Eli bien! je viens ions enlever toutes ces craintes, moi, le solda de fortune, moi, l'Empereur du pçpp] '•

LES paysans. C'est vrai, Sire, c'est vrai; vous venez comme l'ange du bon Dieu pour nous sauver. Vive l'Empereur !

Catherine, reconnaissant Jean Leroux- Jean Leroux ! Jean Leroux ! je te revois. jean leroux. Catherine 1

l'empereur. Qu'y a-t-n .

loi'.iisin. Mon Empereur, c'est Catherine qui a retrouve son défunt.

L'EMPEREUB C'est bien, c'est bien, laissela parler.

>.\ iiil:;ine. Ah ! Sire, c'est lui, c'est Jean Leroux, il n'était pas mort, il n'était que prisonnier, il revient de Kiew, de Moscou, je ne sais pas d'oui Oh! je suis folle de joie.

L EMPEREUR. Et où allais-tu comme cela?

i! w leroux. J'allais vous rejoindre, mon Empereur, je ne savais pat vivre sans vous, et un petit peu sans elle.

l'empereur. Allons, messieurs, voilà du renfort. Un habit à ce brave homme-là, et qu'il reprenne son rang dans ma garde. (A un "ffiri«r; il lui parle bas.) Vous entendez?

LQFFICJER. Oui, Sire.

i. \ vieille. Est-ce que mon Empereur me fi rait l'amitié de se rafraîchir ?

rastien. Eh bien! grand mère?

LA vieille. Eh bien, quoi? si l'empereur a soif, il faut bien qu'il boive.

l'fmpi reur. Eh bi- n, oui, grand'mère, j'ai soi'', donnez-moi à boire.

la vieilli:. Là, vous voyez bien. [Elle pHftme à boires)

e'opucier [donnant un habit à Jean £erum ,. Tenez mon ami.

jean LEROUX. Mot i. Ob ! mon brave uniforme, j'avais bien peur de ne jamais te revoir, va. (/ Cendusse.)

CATHERINE Oh! comme te voilà beau, Jean Leroux' [Lui montrant une croix rjui est h i habit.) Eli bien, qu'est-ce que c'est que cela?

jean LEROUX. Ah! oui, qu'est-ce que c'est mu ça.?

l'empereur. Eii bien, il ne te va pas, l'habit?

jean lhp.olx. Si l'ail, mon Empereur, mais c'est que ..

L'I MPEREUil. Quoi?

jean LEROUX. C'est que... Voyez donc . . C'est le petit brimborion...

l'empereur. Eh bien, est-ce qu'elle te L't'-ii". (• il" croix?

ji:a\ leroux. Oh! mon Empereur, je donnerais ma \ie.

l'empereur. Alors garde-la, mon ami.

l\ vieille (présentant à l'Empereur un verre *i<r une assiette). Tenez, mon Empereur.

l'empereur ( buvant et lui rendant le verre). Merci, granl'mèie.

LA vieille. Personne ne boira plus dans ce verre-là, mon Empereur, et il restera dans la famille jusqu'à la centième génération.

l'empereur. Bonnes gens, va.

un aide de camp , arrivant au galop .

Sire, Sirel

l'empereur. Qu'y a-t-iJ?

l'aide de camp. Uua colonne de troupe venant de Vézille barre le chemin et s'oppose à noire passage.

l'empiREUR. De quels régiments se composer-elle?

l'aide de camp. Sire, du 5e de ligne.

l'empereur. Du 5e de ligne? c'est un vieil ami d'Italie. Allez voir cela, Cambronne, et dites-leur que c'est moi , moi, l'Empereur.

ca.mrronne. Sire, je n'aurai pas cette peine, car les voilà !

l'empereur. Et au pas de charge, encore.

TOUS. Aux armes! aux armes!

l'empereur. A vos rangs ; c'est bien , désarmez les fusils et renversez les canons.

les généraux. Sire, Sire!

l'empereur. Laissez-mot faire, Messieurs, cela me regarde. Soldats !

l'aide de camp du général Marchand.

Soldats, n'écoutez pas cet homme qui nous apporte la guerre civile. ( V Empereur s'avance.) Soldats! feu, feu!..

l'empereur, ouvrant son unijorme. Soldats du 5e de ligne, s'il en est un $eul parmi vous qui veuille tuer son général, son Empereur, il le peut, me voilà !

tous les soldats du 5e de ligne, jetant leurs fusils. Vive l'Empereur! vive l'Empereur!

l'empereur. Venez, mes enfants, venez.

Ah ! vous êtes de dignes, de nobles Français; venez, venez... Des cocardes tricolores pour ces braves gens-là.

LES soldats, enfonçant une caisse de tambour. Eh! nous en avions, Sire.

l'empereur. Allons, c'est bien. Soldats du 5° de ligne, je suis content de vous; vous aussi, vous êtes mes enfants. (Il leur donne un drapeau tricolore.)

UN VIEUX SOLDAT, tirant un aigle de son sac. Voilà le coucou!... Eh bien, si vous êtes content de nous, si nous sommes ?os enfants, laissez- nous faire votre avant-garde.

l'empereur. Accordé 1

tous. Bravo! bravo! vive l'Empeur!

l'empereur. En marche, mes amis, en marche. Adieu, grand mère.

LA vieille. Adieu, mon Empereur (Aux paysans.) Eh bien, vous ne lui dites pas adieu, vous autres?

RASTIEN, paysans. Inutile, nous allons avec lui. (Les tambours battent, on se met marche pour Grenoble.)

LA BARRIERE CLICHY. k'â

Treizième Tableau.

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