‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 455 sur 1577 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

BONAPARTE, NADDI, TÉRÉSA.

térésa. Viens ; ma fille , c'est de ce côlé que nous le trouverons sans doute.

NADDI, apercevant Bonaparte. C'est lui !. ..

térésa. Une nous a pas vues. (S1 approchant de lui.) Monsieur Bonaparte?

BONAPARTE, qui était absorbe dans ses idées. iVladiine!... Naddi !... vous, ici.

térésa. Excusez-nous , monsieur Bonaparte; nous venions, ma fille et moi, vous remercier de vos soins généreux, et vous faire nos a îieux.

Bonaparte. Ah! vous partez ?

térésa. Aujourd'hui même pour Florence, ma patrie.. . Maisil nous faut un saufconduit et nous venons vous le demander.

BONAPARTE. A moi ?

naddi. N'ètes-vouspas notre seul proiecteur ?

Bonaparte. Je n'ai pas de pouvoir, Naddi, pas de crédit. . . Pourtant un homme ici m'a témoigné quelque intérêt... je vais le trouver.

NADDI. Déjà?

térésa. Pai donnez moi... Au moment de vous quitter, j'éprouve une sorte de remords eu mystère que je vous ai fait... Je ne suis pas vt.i:vf, monsieur Bonaparte ; cette enfant

si pas orpheline. .. J'ai dû veiller doublement :jiir elle... J'en répondais à mon mari.

i; iNA PARTE. Votre mari? quel est-il, ma-

térésa. Le comte de Verteuil.

BONAPARTE. Un émigré!

NADDI. Un proscrit.

TÉRÉSA. Oui, monsieur Bonaparte... nous habitions Marseille; poursuivi, menacé, il s'est réfugié dans Toulon. Oh ! ne vous indignez pas, il n'est pas de reux qui ont appelé les Anglais à leur aide.

BONAPARTE. Mais vous?...

térésa. Mon mari nous avait défendu de le suivre; il craignait pour nous les horreurs d'un siège... Nous avons dû changer de nom et nous cacher dans ce pays où nous espérions avoir de ses nouvelles... Un jour, i! nous fit dire qu'il trouverait quelque moyen de sortir de Toulon et de parvenir jusqu'à nous; et cependant les jours s'écoulent, et

nous sommes toujours seules... Vous savez ta reste, monsieur Bonaparte, vous savez quels motifs nous font un devoir de nous éloigner., bon -parte. Oui, madame... je reconoaîtrai votre confiance. Vos secivts sont là... ils n'en sortiront jamais. Attendez-moi... Gasparin ne me refusera pas... Vous partirez. (À Naddi.) Oui, Naddi, vous partirez.

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