‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 459 sur 1577 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, JUNOT.

junot. Me voilà... me voilà! Je disais bien que je reviendrais... avec un chapeau de moins, par exemple... ( II montre son chapeau crevé pur les balles.) Bah ! j'eu commandera un autre à Toulon.

Bonaparte. Eh bien, quelles nouvelles?

j! N'iT. Muiron a reçu tes ordres... l'ennemi tait une sortie... on veut enciouer la bat crie.

LE général, arrivant. Maudite batterie qui ii us met toute une armée sur les bras!... à présent, il faut la défendre.

saiCETLi. Qu'on éloigne les femmes.

le général. Et nous, Salicetti, à notre posie.

Bonaparte. Canonniers à vos pièces!...

Commencez le leu ! ( Le Comte éloigne les femmes et revient en scène, loujous prisonnier. Le tambour but, l >s canonnters tirent, plusieurs s nt frap; é* et tombant sur leurs piéne*, les autris redescend' nt. )

BONAPARTE. Tenez donc ferme... i!s reculent tous! ( // m< n te lui mène à la but- Une, prend le r'f>uloir de la nain d'un homme blessé, et ajuste la pière, puis il fuit feu.) Bon!... voili un coup qui a porté. [ Appelant. ) S< rgent Junot.

JuNOT. Présent.

Bonaparte. Écris (Il parle tout en

aju-lant une autre pièce. Junot écrit (n s' appuyant sur une pièce de canon. ) Baitcriu des II unîmes bans peur.

JfNOT, écrivant. Sans peur, — voilà!...

Bonaparte. Bi n ! donne! ( // prend la pancarte sur liii/ui/le est écrit Huilerie des II mines sans peur, il l'attache à un poteu * qu'il plante devant In batterie.) Qui de ?( u- viendra le premier ?

LE comte. Moi...

Tous i es soldats. Tous! ( I's courent à la baHrie, le feu commence.)

LE Général, revenant. Ci lie batterie fait merveille... Bien! très-bien 1 courage, mes amis! Le fort du petit Gib altar sera bien ôt en noie pouvoir. ( Le feu continu,'. )

BONAPARTE. Bien! (Montrant la batterie, j La b ci ho es ouverte, notre place plus ici. ( On bat la charoe. ) En avant ! suivez-moi, cam rde-, à l'assaut!... Général, ce soir vous soeperei daus Toulon. [Sortie générale, changement. )

Deuxième lablcati.

Le ville et le port de Toulon, vue p^ise de l'intérieur de la ville ; dans le port, la Hotte ; au fond, les vaisseaux anglais qui croi eut dans la rade. — Le canon reientil. — Peuple par gnnip'-s animés sur la scène; Anglais accourant en desordre.

UN GÉNÉRAL ANGLAIS, Soldats anglais, PtUPLE.

LE GÉNÉRAI,, entouré d'officiers. Arrêtez, soldats, arrêtez! Tous les loris s nt emporté;», il c-tvr.ii; Oliara est prisonnier, mais je le remplace... Voilà le po nt capital e la défense; les Fa çais ne le franchiront pas, cl cm* flotte va dis, a aître dans l'incendie; c'est l'ordre que j'ai donné!... Subez-moi ! Suivez-moi!... (Il sort avec Ia troupe anglaise.)

un homme du peuple. Il a beau faire et se remuer, nous allons êire débarrassés de ces chiens d'habits rouyes!...

DEUXIÈME HOMME DU PEUPLE. Tu crois

que l'armée française remportera?

PREMIER HOMME DU PEUPLE. Si je le crois!... 'liens, regarde, voila les écrevisscs qui reculent déjà ! ( Comme ncemè t de l'incendie de la flotte.) Ah! les brig nds , ils n'ont pas perdu de temps; la flo.te est en feu.

tous. En feu!

deuxième homme. Et les forçats qui s'échappent du bag;iel

tous. Les forçais!... (Mouvement trèsanimé; arricée des forçats.)

un forçât. Libres! nous sommes libres!

BONAPARTE

profitons de l'occasion, camarades; le pillage ! le pillage !

quelques forçats. Oui, le pillage !... le pillage !...

PREMIER HOMME DU PEUPLE, OU forçat.

Qu'est-ce que tu dis, malheureux? (Aux autres ) i\on, non, vous ne suivrez pas ses conseils!. .. Si vous profitez de l'occasion, ce sera pour vous »éhabiliter. Qui que vous soyez, la Frnce est toujours votre mère!... Elle a toujours un pardon pour ses fils; sachez-le mériter... L'incendie nous" appelle, courons, courons l'éteindre tcus nsemble!

lis forçats. Au fait, il a raison... A l'incendie !

tous. Oui, oui aux vaisseaux! aux vaisseaux ! ( Tous sortent ; à pente se S'int ils éloignés que te Général rentre avec sa troupe en désordre.)

le général. Tout est perdu : sou'onpz la retraite et g gnnns nos vais-eaux. [Canon, tambour buttant la charge. Lu nni> ai' le s'écroule tout à fait sous ie cation et livre pass ge aux troupes françaises; tambours, musique. L'armée. -e précipite par la brèche. Fusillade. Junot, Aiboise, le Tambour, etc.,

tous s'élancent sur la scène. Bonaparteparait ensuite. Un soldat anglais embusqué derrière un pan de mur le couche enjoué.)

LE COMTE, s'élançant au-devant de Bonaparte. Prends garde! (Le Comte est frappé d'une balle et tombe.)

Bonaparte. Blessé!...

le comte. A mort... Un dernier adieu à ma femme, à ma lille.

Bonaparte. Je \m dirai que tu es mort en brave.

LE comte. Merci , tu m'as sauvé 1 honneur ! (// meurt. Rentrée générale. Ar ruent Dopuet, Albille et Saiicetii.)

junot, aux représentants. Il vous l'avait bien dit, que vous snuperiez e -or dans Toulon 11 me semble qu'il a tenu parole?...

Di'ROC, entrant. On est maître de l'incendie, les Anglais foieni à force de voles, et, grâ e à vous, commandant, la Franco a reconquis Toulon !...

ju\ot. Vive le commandant!

BONAPARTE. Non ! vive la république I tous. Vive la république !

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