JOSÉPHINE, ALEXANDRE
Joséphine. Toi ici, mon enfant?.. Je ne t'attendais pas avant le vice-roi.
Alexandre. Le vice-roi est aux Tuileries, madame, et j'étais chargé de vous annoncer son arrivée.
Joséphine, Que dis-tu?.. Et il n'est pas auprès de moi?
Alexandre. L'empereur l'a mandé immédiatement.
Joséphine. Avant qu'il n'eût embrassé sa mère!
Alexandre. Qu'avez-vous , madame ? vous pâlissez!...
Joséphine. Rien!... ce n'est rien, mon enfant. Elle s'assied.
Alexandre. Vous verrez le vice-roi en même temps que la reine de Hollande, qui est aussi auprès de l'empereur.
Joséphine. Ah!... (A part.) Mon Dieu! mais en vérité je ne saurais comprendre pourquoi Napoléon...
Alexandre. Il ne faut pas vous affliger de ce léger retard, madame ; vous savez que l'empereur appelle sans délai auprès de lui les chefs d'armée qui viennent de tenir campagne... Il n'a pas fait exception pour le vice-roi, voilà tout!...
Joséphine. Tu ai raison, mon enfant; et moi,
j'avais tort : c'était de l'égoïsmc maternel. Voyons, mon (ils se porte bien?
Alexandre. Oui, madame.
Joséphine. Eh bien, te voilà heureux, tu fais la guerre!...
Alexandre. Grâce à vous !...
Joséphine. Et je sais qu'on est content de toi... tu as fait preuve de courage... A qui donc fais-tu des signes?...
Alexandre. A un ancien page , à un camarade qui voudrait bien vous présenter ses hommages.
Joséphine. Et quel est le nom de ce guerrier?
ALEXANDRE. HigODnet.
Joséphine. Celui qui donnait tant de mal à ce pauvre général Gardanne?
Alexandre. Lui-même!...
Joséphine. Qu'il vienne!... je serai charmée de le voir!... ( Alexandre va chercher Higonnet. ) Mon Dieu ! que le temps me semble long!... Qui me délivrera de mes incertitudes?... Mais je m'alarme à tort peut-être... peut-être Napoléon se concerte-t-il avec mes enfants pour ménager une surprise à leur mère!... Non!... c'est encore un de ces mille présages qui vont droit à mon cœur et assombrissent ma destinée!...
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