BORMÉO, SALICETTI, UN VALET
{Au lever du rideau, Bormèo s'avance vers
un valet qui se tient à la porte du fond
dont les battants sont ouvert.)
BORMÉO. Qu'ils entrent. ( Le valet introduit trois personnages masqués et sort. Les ■portes se referment.)
pesaro, masqué. Nous sommes bien dans le palais du comte L'ppani , et nous parlons au marquis Bonnéo, son ami?
borméo. Oui, mes seigneurs.
pesaro , se démasquant ainsi que les deux autres personnages. Pesaro Malpierri, sénateur de Venise, le cardinal Mattel, et le moine franciscain Bartoloméo , tous trois envoyés de la sérénissime République.
borméo. Soyez ici les bienvenus. Le comte Lippani, qui vient de passer un mois à Milan, où son mariage a été célébré, est de retour à Pavie depuis hier au soir , avec sa jeune épouse; que vais-je lui annoncer de la part de vos seigneuries?
pesaro. Que le Doge et le sénat de Venise, jaloux de donnir u\i grand exemple de patriotisme, ont résolu de former une sainte ligue entre tous les peuples de l'Italie, pour combattre les Français par toutes les armes que le ciel nous fournira, et nous les forcerons bien à repasser les Alpes qu'ils ont si audacieusement franchies.
le moine, touchant le bras de Pesaro, en lui montrant Salicetti qui entre. Siguor. prenez garde, un étranger!
pesaro , à Borméo. Qui est-il ?
salicetti. Salicetti.
le moine. Un Français !
pesaro , il porte la main sur le manche de son poignard. Un Français! ici? Borméo!
borméo. Rassurez-vous , signor Pesaro; Salicetti a été proscrit ; il a trouvé un asile dans ce palais, et nul plus que lui n'a le droit se plaindre de la France.
salicetti. De m'en plaindre? oui, de l'attaquer? non. ( Mouvement de Pesaro.) Oh ! ne craignez rien, mes seigneurs; je ne trahirai ni vous, ni la France. S'il y a de la haine dans mon cœur, cette haine se concentre sur un seul homme... Tout le reste me irou'era indifférent; je n'entrerai jamais
dans vos complots, et je ne les dénoncerai jamais.
BOBMÉO. Voici le comte Lippani.