‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 502 sur 1577 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LIPPANI.

î.ippani. Salicetii , je vous retrouve avec 1 1 lisir sous mon toit. ( S'avançaîit vers les étrangère. ) Noble Pesaro , monsignor le Cardinal, et vous, mon Père, j'étais prévenu de l'honneur que vous me faites , et j'attendais votre visite.

pesaro. Vous savez alors , noble comte Lippani , que Venise s'est souvenue du petitfils de l'illustre Foscari , inscrit au livre d'or de la République. Pleine de confiance dans votre ardente valeur, elle vous offre , par ma voix, le commandement des forces qui vont se rassembler au Lido.

lippani. Je remercie le doge et le sénat de Venise ; mais ma réponse était prête ; je dois refuser.

pesaro. Se peut-il ? eh quoi ? le comte Lippani tout entier à sa passion pour une jeune et charmante épouse, oublierait ce qu'il doit à notre sainte cause?

lippani. Je n'oublie rien; mais je me rends compte de la vérité. Le sort de l'Italie a été décidé sur le champ de bataille de Lodi .. Après la défaite de Beaulieu, la lutte est devenue impossible.

pesaro. Mais Wurmser ne se rapprochet-il pas avec 60,000 Autrichiens?

lippani. 60,000,-100,000,-200,000, — qu'importe? "Wurmser sera battu comme Beaulieu, comme Provera.

pesaro. Eh quoi ! comte Lippani, vous désespérez de la liberté de l'Italie ?

lippani. La liberté de l'Italie marche à la suite de l'armée française.

pi'Saro. Lippani !... qu'osez-vous dire ?

lippani. Ce que Dieu lui-même a écrit sur les drapeaux des vainqueurs !

pesaro. La guerre a ses hasards, et bientôt...

le cardinal, s 'interposant. Que nous fait après tout leur insolente victoire? qu'ils la poursuivent, qu'ils l'achèvent, c'est là que nous les attendons; c'est alors qu'on pourra réchauffer l'ardeur des peuples italiens, et 1 ur prêcher non plus une guerre ouverte , mais une guerre sourde, une guerre d'extermination et de tous les iustants...

lippani. Mais, monseigneur, c'est la guerre au poignard que vous prêchez là?

LE MOINE , d'un Ion sombre. Eh bien , c'est la bonne 1 c'est la nôtre !

BONAPARTE

lippani. Eh quoi! le meurtre, l'assassinat!...

pesaro. Comte Lippani, il dépend de vois encore de diriger la lutte; acceptez le commandement qui vous est offert.

lippani. Le général Bonaparte a conclu la paix avec le Piémont, et mon devoir est au moins de rester neutre.

pesaro. Prenez garde, Lippani; magnifique pour ceux qui la servent, Venise est implacable pour ses ennemis.

lippani. Des menaces ?

pesaro. Non... car je n'ai pas perdu tout espoir... Nous vous laissons réfléchir. Je veux encore ignorer votre réponse ; je reviendrai. . *

lipani. Votre visite m'honorera toujours. (Pesaro, le Cardinal et le Moine sortent, après avoir remis leurs masques.)

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