SCENE III
LIPANI, SALICETTI.
salicetti. Je vous remercie, monsieur le comte, de vos paroles en l'honneur de la France.
lippani. C'est justice. Salicetti, vous le dirai-je? toujours, même dans les rangs de ses ennemis, j'ai salué avec enthousiasme cette nation héroïque qui a tenu tête à toute l'Europe au nom de son indépendance, et qui reprend l'offensive au nom de la liberté; j'admire surtout ce jeune capitaine dont chaque pas est une victoire, dont chaque mouvement détruit une armée.
salicetti, Bonaparte!...
lippani. L'adversaire le plus loyal, le plus généreux.
salicetti. Pardon , monsieur le comte ; dispensez-moi, je vous prie , d'écouter plus longtemps cet éloge. (Il s'incline.)
lippani. Que voulez-vous dire ?
salicetti. Je n'aime pas cet homme.
lippani. Je vous comprends; en langage corse, cela veut dire que vous le détestez.
SALICETTI. A d'anciennes causes de haine il a ajouté l'humiliation d'un bienfait qui a germé dans mon cœur comme une injure.
LIPPANI. Brisons là; vous êtes mon hô'<\ et je désire que vous continuiez à l'Être. ('.•'. soir, nous partirons pour la maison de plaisance de la comtesse, prèsLonato. Je veux auparavant vous présenter à la signoia... Mais c'est elle.