COUR DU LUXEMBOURG
La grande cour du Luxembourg, telle qu'elle était disposée pour la fête triomphale donnée à l'occasion de la remise du traité de Carapo-Formio. — A droite une estrade sur laquelle sont placés les directeurs. A droite et à gauche, des amphithéâtres de gradins, sur lesquels sont assis les membres des deux conseils. Au fond, les ministres en grand costume. — De distance en distance, tout autour de la salle, des trophées magnifiques, formés par des drapeaux pris sur l'ennemi. — Tentures tricolores; galeries splendidement décorées ; orchestre dans l'enceinte. Factionnaires à droite et à gauehe.
Après V hymne, le bruit de ï artillerie redouble, et l'assemblée se lève au moment où BONAPARTE entre en scène conduit par M. DE TALLEYRAND, ministre des relations extérieures.. . De vives acclamations se font entendre. Bonaparte s'incline, et, dans une attitude mêlée de modestie et de fierté, il attend que cet enthousiasme se calme et fasse place à un silence général et respectueux. Les généraux JOUBERT et AlNDRÉOSSY se sont avancés portant un drapeau d'une grande richesse, et se sont placés à côté de Bonaparte.
barras. Général, ce drapeau, c'est celui que le Directoire vient de donner à l'armée d'Italie... Epaminondas ne léguait à ses enfants et a l'avenir que deux victoires. Vous, général, à un âge où l'on commence à peine h gloire., vous léguez à la France, à la posté-
rite , les noms de dix-huit batailles rangées , «t de soixante-sept combats écrits en lettres d'or sur la nouvelle oriflamme de la République. (Acclamations.)
Bonaparte. Citoyens, le peuple français, pour être libre , avait des rois à combattre; pour obtenir une constitution fondée sur la rai on, il avait dix-huit siècles de préjugés à Taincre. .. Vous avez triomphé de tous les obstacles , et de la paix que vous venez de conclure date l'ère des gouvernements représentatifs. J'ai l'honneur de vous remettre le traité de paix signé à Campio-Formio, et ra-
tifié par S. FI. l'Empereur. Cette paix assure la liberté, la prospérité et la gloire de la République. Lorsque le bonheur du peuple français sera assis sur de meilleures lois organiques, l'Europe entière deviendra libre... (Acclamations. Toute l'assemblée se lève. On entonne de nouveau l'hymne de Chénier. Bonaparte va à V estrade, où Barras lui donne l'accolade. Les autres Directeurs embrassent tour à tour le Général. Les acclamations redoublent, ainsi que le canon. Le rideau tombe au cri de : Vive la République!)
FIN
Pans.— Imprimerie DoNDitT-Durné, rue Snint-Louis, 46. su Marais.
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