‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 570 sur 1577 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, LOUISE, venant par la droite.

LOUISE, a part.

Si je pouvais le retrouver... lui dire... (Apercevant les astrologues.) Ah ! quelqu'un !(Elle se cache.) MENDISGAL.

(le que je désii'c savoir , pour ma part, c'est le vrai motif de la visite de Catherine. lolise, à part,

Écoutons!

RENÉ

Rien de plus innocent; un projet d'alliance et de pacification. Catherine voudrait emmener voire jeune prince à la cour de France, pour lui faire épouser la sœur de Charles IX... voilà tout.

louise, à pan.

Grand Dieu !

MENDISGAL.

Plaisantez-vous, maître René? Mais le prince est huguenot... et Marguerite de Yalois...

RENÉ

Est catholique... On aura des dispenses.

louise, à part.

Oh 1 non... c'est impossible.

MENDISGAL.

Et tout cela ne cache pas un piège?

RENÉ

Un piège !... Pour qui nous prenez-vous donc? Que ce mariage s'accomplisse, et, le roi Charles l'a promis, avant huit jours calvinistes et catholiques ne feront plus qu'une seule et même famille.

louise, à pan.

Il ment... il doit mentir !

MENDISGAL.

El vous croyez cela, vous, maitre René ?

Puisque le roi l'a dit, je dois le croire.

MENDISGAL.

Allons, monsieur le Florentin, je vois que la

reine-mère a bien choisi son conDdcnt,et qu'à (ous vos talens vous joignez le mérite d'une grande discrétioo. Eb bien! moi, messire, je serai plus net, et je vous dirai sans mystère que le prince de Navarre ne vous suivra pas en France.

lltM..

Ah !... Et pourquoi cela ?'

MENDISGAL.

Parce qu'il aime éperdument la jeune fille du comte d'Arncgui.

LOUISE, à part.

Il savait !...

MENDISGAL.

Eh bien ! qu'en dites-vous?

rené.

Je dis que vous m'aviez promis des révélations, et que vous ne tenez pas parole; car vous ne m'apprenez que ce que nous savions long-temps avant vous.

MENDISGAL.

Vraiment... Et vous pensez que cet amour ?...

RENÉ

Bagatelle !

LOUISE , à paît.

Méchant homme...

RENÉ

Pourquoi donc supposez-vous que Catherine ait amené ici son escadron volant ?... Et Mffle de Sauve surtout, la plus jolie et la plus spirituelle de la troupe, pensez- vous qu'elle ait grand'peine à décider le galant Béarnais à nous accompagner seulement pour quelques jours à Paris?.. .Une fois qu'on l'y tiendra, croyez-moi, il oubliera aussi vite la belle Louise d'Àrnegui, qu'il a naguère oublié la gentille Fleurette.

LOUISE, à paît.

0 mon courage !

MENDISGAL.

Mais alors, maître René... ce serait Mme de Sauve qull aimerait, et non Marguerite de Valois.

RENÉ

Qu'à cela ne tienne... on n'attache aucune importance à ce qu'il aime sa femme... ce n'est pas nécessaire... Et, pourvu qu'il épouse...

louise, à part.

Infamie ! (Elle reste accablée.)

MENDISGAL.

Allons, allons, cher confrère, vous pourriez bien vous tromper.

RENÉ

Je ne crois pas... Et tenez... regardez donc... qui vient là-bas ?

MENDISGAL, regardant. C'est le prince.

RENÉ , souriant.

Et il n'est pas seul, j'imagine?

MENDISG.vl.

En effet, je reconnais Mme de Sauve,

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