SCÈNE XI
LOUISE, seule, puis HENRI et MD« de SAUVE.
LOUISE
Oh ! ma tète brûle !... j'en deviendrai folle!... Si cet homme disait vrai, mais je serais perdue, moi, déshonorée!... Pitié... mon Dieu... pitié!.,. Les voilà... Ah! j'ai peur!... (Elle se cache.) nENRi, entrant avec Mme de Sauve.
Votre cheval s'esl abattu avec une rudesse !... Vous n'êtes pas blessée, madame ?
Mnic DE SAUVE.
Non , Dieu merci ! J'en ai été quitte pour la peur.
J'étais plus effrayé que vous-même.
Mme DE SAUVE.
Cet accident va me valoir les bouderies de mes compagnes... lespriverde votre royale présence !...
HENRI
Il m'est si doux de me trouver dans la vôtre!
Louise, à part.
Ah ! ces paroles...
Mme DE SAUVE.
Prenez garde, prince ! vous me donneriez presque de l'amour-propre!... Eh quoi ! vous quêtant de beautés se disputent dans votre palais... vous voulez me persuader, à moi, que vous connaissez à peine...
HENRI
Est-il donc besoin de vous voir si long-temps pour vous trouver adorable?...
louise, à part.
Est-ce bien lui que j'entends?
Mme DE SAUVE.
Combien de fois, prince, avez -vous tenu à d'autres de semblables discours ?
HENRI
Moi ! jamais, je vous le jure; car jamais tant de charmes et de grâces ne sont venus enivrer mon cœur !
louise, à part.
0 mon Dieu I
Mme de sauve , souriant.
Voilà de bien tendres réparties... pour un paysan navarrois.
HENRI , de mémo.
Que voulez-vous ? dans notre humble province, les paysans n'ont pas l'art de déguiser leurs pensées.
ÎIlr'« DE SALVE.
On apprend tous les jours.
HENRI, prenant sa main et y imprimant un baiser.
Ah ! madame... croyez que ma vive tendresse !...
LOUISE, pleurant.
Ah! malheureuse... (Elle disparait.)
Mme DE SAUVE.
Il m'a semblé que de ce côté... Avez-vous entendu ?...
HENRI, allant regarder.
Personne... Si fait... là-bas... le cortège des deux reines... Qui donc les ramène si mal à propos?
Mme DE SAUVE.
Mais c'est Zamet, je crois.
HENRI
Maudit homme ! Oh! voilà ce que je ne lui pardonnerai pas!