‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 644 sur 1577 · HEM RI · texte numérisé non relu

HEM RI

Un assaut, dis-tu?

BIRON

Oui, Sire... il faut en finir.

HENRI

Un assaut!... Mais lu ne songes pas que notre armée est presque entièrement composée de huguenots, et que tous ont gardé cruelle mémoire de la Saint-Barthélémy!... Un assaut par eux! mais ce serait le sac, le pillage, la dévastation!... Et ruiner Paris, Biron, ne serait-ce pas faire au rieur de la France une blessure mortelle, et dissiper en un seul jour le plus riche trésor de mon Etat? Non, non, nous attendrons encore... Mais Sully tarde bien.

BELLEGARDE

Je viens de le laisser occupé d'un soin qui prouve qu'en habile financier qu'il est le seigneur Zamet a eu promptement comblé le vide de \us coffres.

HENRI

Ah! M. de Sully fait payer la troupe ?

BELLEGARDE

Oui, Sire, et j'en félicite votre nouveau trésorier.

zamet, confus.

Monsieur le duc...

HENRI

Oh! si nous n'avions eu que lui pour cela !...

C'est la faute de la Ligue, Sire...

HENRI

Il est bien vrai qu'en venant à nous ce digne monsieur Zamet nous a offert, en loyal sujet, tout son dévoûment et tout son zélé; mais comme, jusqu'ici, il n'a pu mettre rien de plus positif à notre disposition, i! a bien fallu chercher ailleurs des ressources, et notre vaisselle d'argent...

BIRON

Est-il possible? Et vous ne nous avez rien dit? Avez-vous donc oublié, Sire, que non seulement nos bras et nos cœurs sont à vous, mais que notre fortune est aussi la votre ?

bei.legai.de.

Et sans aucune ré<er\o, Sire.

m MU.

Je le sais, mes amis, je le sais... Mais j'ai pensé qu'en fait de sacrifice il était bien de commencer par moi... Si plus tard M. Zamet continue, à n'avoir toujours à mon service que son zèle et son dévoûment, eh bien ! je m'adresserai à vous alors, et avec toute confiance, je vous le promet*. / ItR.

Ah ! si la Ligue ne m'avait pas miné!... HENRI, souriant.

Vous ne vous seriez pas ruiné vous-même, je le crois... Assez là-dessus.

/A MET

Oui, Sire.

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Les Mêmes, le Colonel TISCHE.

HENRI

Qu'y a-t-il?

LE COLONEL

Une pauvre jeune femme et sa fille, conduites par un pénitent de la confrérie de Saint-Jacques, viennent d'être arrêtées à l'entrée du camp.

HENRI

Arrêtées, pourquoi ?... D'où arrivent ces gens'.'

LE COLONEL

Ils sortent de Paris.

HENRI

De Paris !

LE COLONEL

La femme et l'enfant surtout font pitié a voir... Leurs traits altérés, leur pâleur livide indiquent les ravages de la misère et de la faim.

IIK>T»I.

Infortunées!... Courez vile, colonel, et veillez à ce qu'on leur donne tous les soins que réclame leur état.

LE COLONEL

Déjà elles ont mu toutes deux les premiers secours du médecin de Votre Majesic... La fille vivra, il le croit... mais la malheureuse mère est tellement souffrante, exténuée, qu'il a peu d'espoir de la sauver.

Pauvre femme !

LE COUIM-I..

Avant de mourir, car elle attend la mort et ne parait pas la craindre, elle a, dit-elle, un secret d'une haute importante à révéler à Votre Majesté.

me— m A moi?... Qu'on ramené donc, et que l'on continue à veiller sur son enfant.

(Kené il Louise paraissent dans le forol.) LE COLONBL.

La voilà, Sire.

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