‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 706 sur 1577 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

URBAIN, seul. Il s'approche du pied dulit. C'est pour vitre avec loi sur la terre, chaste

enfant, vierge pure, que j'ai voulu conquérir les honneurs et les richesses de la terre, et voilà que, pressée de recevoir la couronne (li s anges, tu es allée m'attendre au cteL Ces! donc au ciel désormais (pic doivent tendre mes vœux, c'est au ciel que je vais te rejoindre. Adieu donc aux joies de la terre, adieu à tous les hochets du monde, adieu à tous les symboles de l'ambition ! Le royaume des cieux est au pauvre de corps, à l'humble d'esprit; le royaume des cieux est à celui qui prie et non qui combat, à celui qui se courbe et non à o lui qui lutte. Donc loin de moi les panaches flottants (il jet te son feutre), les armes éclat mtes (il jette son épée), les signes en commandement (iljette son icharpe). Ursule, devant cet autel où vient de s'accomplir le mystérieux sacrifice de la mort, ton fiancé renonce, non pas à la vie, mais au monde. Dieu seul, qui donne la vie, peut disposer de la vie, et le seul suicide qui soit digne du chrétien, c'est le cloître. Ursule, à partir du moment où tu as exhalé ton dernier soupir, le capitaine Grandier a cessé d'exister pour faire place au moine Urbain. À lui donc la solitude, à lui la prière, à lui le cilice. Pardon, Daniel: pardon, ma mère! Quelque chose de p'us puissant que vous m'arrache à vous. ( La mère de Grandi* r et son frire sont restés appuyés l'un contre l'autre.)

la mère. 3Ion enfant !

Daniel. Grandier!

grandier. Daniel ! ma mère ! adieu ! — (S'arracliaut de leurs bras et allant tomber aux pieds de la morte.) A toi, Ursule, à toi, dans ce monde et dans l'autre !

la mère , levant les bras au ciel. Ainsi

soit-il !

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