SCÈNE
GRANDIER, assis sur le bine, DANIEL, derrière le pilier.
DANIEL. Frère ! frère 1
grandiir. Ah! c'est toi, Daniel!
damel. Chut !
grandiek. Comment es-tu entré?... (// V enveloppe de son manteau et le fait passer devant lui ) On m'a dit qu'on avait défendu ma prison à ma mère et à toi.
DANiLX. J'ai donné aux exempts tout ce que je possédais, ils ont fait semblant de ne pas me voir, et je me suis gl ssô eotre eux.
grandier. Pauvre enfant, sais-tu à quoi tu t'exposes?
DANIEL. Moi?
grandier. N'as-tu pas entendu cet homme cri r malédiction sur moi et sur toute ma famille?
DANIEL. Dieu me protégera, et puis d'ail- Jeor», à tout prix, il fallait que [e te visse... On s'occupe de te sauver, Grandier.
GRANDIER. Qui Cela?
Daniel. Mon ieur de Sourdis.
GRANDIER TU l'as VU?
DANIEL. Oui.
GRANDIER. Qu'est devenue Ursule? qu'est devenue Biahça?,.! Lé sèol maleur qui puisse m'àrriver maintenant est d'ignoier
leur sert ci de mourir en l'ignorant.
danike. l'.i.mra a encore son habit de mariée, < lleacpons • ce' te mu monsieur de Sourdis; Ursule a déjà son habit de nov.ee, car elle en r - aux Ua méhtes ce soir.
grandier. Alor». toutes deux prient pour moi; je suis tranquille, car la piière de deux s m'aura préc de au ciel.
DANIEL. Maintenant, fi ère, parlons de toi.
grandie». De in> i?
damée. Oui, en venant ici, j'ai traversé la cour de l'hôtel de ville.
GKAND eu. Eh bien ?
damel. Dans cette cour, j'ai vu un bûcher.
grandier. C'est le mien.
DANIEL. O'î 1 j'ai passé bien vite; mais écoute , ce n'est pas ce danger là que je redoute 1h plus, puisque, je t • l'ai dit, monsieur de Sourdis s'occupe de te sauver.
gra\dii:r. Et quel autre danger puis-je donc courir?
Daniel. Frère, il y avait à l'hôtel de ville mo si ur <ie Laubardemont qui c usait avec deux so'dats; je l'ai vu sourire, je me suis défié; alors j'ai suivi ces soldais, je leur étais inconnu, ils n'ont pas pris garde à moi, j'ai donc pu entendre ce qu'ils disaient en rejoignant leurs camarades.
grandier. Et que disaient-ils?
damel. Ils disaient que monsieur de Laubar lemont craignait le scandale d'un supplice public; ils parlaient de la déposition de la supérieure qui pouvait se renouveler, ils ajoutaient que monsieur de Laubardemont donnerait bien nulle livres pour qu'un accident arrivât au condamné.
grandier. Oui, je comprends.
daniil. Alors, un des soldats a dit : un accident... parbeu, c'est bien facile, la sentinelle qui garde Grandie n'a, eu se promenant devant la grille du cachot, qu'à baisser son mousquet comme pour le d ■•sarmer, et alors, en Isdé armant, lecbien échappe et le coup part., voilà un accident tout trouvé... (Pendant qu'il, parle, on voit la Sentinelle abaisser son mousquet à travers la gril e.) Oh! frère, cet homme qui a dit cela.... Daniel se jette au-devant de Grandier. Le coup part.)
grandier. Ah! pour qui ce coup de feu?
DANIEL, Pour Daniel, heureusement ! ..„ embrasse-moi, frère... je meurs !(// meurt.)
GRANDIER- Et moi qui les remerciais do m'avoir épargné Ih torture! Il le prend dans ses bras et l'emporte sur le banc.)
URBAIN GRANDÏER.
Les Mêmes, DE SOURDIS.
sourdis. Qu'ya-t-il? et qu'est-ce que ce coup ce feu ?
la sentinelle. Un accident, mon officier; en désarmant mon mousquet, comme la moche était allumée, le coup a parti.
SOURDis. C'est moi qui commande l'escorte qui doit conduire le prisonnier au bûcher... ouvrez-moi. (Le geôlier ouvrée