‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 740 sur 1577 · GRANDIER, GRILLAU, LE GREFFIER · texte numérisé non relu

GRANDIER, GRILLAU, LE GREFFIER

Gardas et Exempts, le greffier, lisant. « Nous, juges ecclé- » sias iques, réunis sous la présidence du " sieur Laubardemont, conseiller es-conseil- » d'état et privé du roi, commissaire' extraor- » riinairé nommé en cette occasion, avons » déclaré et déclarons Urbain Grandier, su- -> périt-ur du couvent des frères de la Merci » de Loudun, aiteint et convaincu du crioie » de ma^ie, maléfices et homicide, les deux » premier-; sur la personne d^s religieuses » Ur-ulines de Loudun, et le dernier, sur la -> personne du comte Maurizio dei Aibizzi; » pour réparation duquel avons condamné et

» condamnons ledit Grandier à faire amende » honorable, nu-tête, la corde au col, devant » la principale porte de l'église Saint Pierre » du Marché, et devant celle de Sainte-Ur- » suie de celte ville, et là, à genoux, deruan- » der pardon à Dieu, au roi et à la justice, • t » ce fait, être conduit dans la cour de I' !!<">- » tel ne ville pour y être attaché à un po- » teau, sur un bûcher, qui, à cet effet, sera » dre-i-é audit lieu, et y être son corps brûlé » vif aec les pactes et caractères magiqncî » restant au greffe. Prononcé eii l'une des » chambres de la prison de Loudun, audit » Grandier, le 6 décembre 1634. » Vous avez entendu?

grandier. Oui.

LE greffier. Vous plairait-il de signer votre arrêt, comme c'e-t l'usage?

GRANDIER. En avouant le crime d'homicide, oui; mais en repoussant Ceux de magie et de sortilège.

tt

URRAIIN GRANDIER.

LE GREFFIER, lui présentant une plume.

Faite» ain-i qu'il vous conviendra.

GRANDIER. Je reconnais être coupable d'homiede sur la personne du courte "M.uu izio dei Albizi, ce dont je demande bien Iniinblement pardon à Dieu; mais je nia ions les autres crime- qui me soft! imputés par ledit arrêt Grandier. ?oilèl (Je* que 1 ous désires, monsieur.

le greffier. Demandez-vous quelque chose!

grandier. Rien, et je remercie mes juges de m'avoir épargné la torture... (A Orfllau.) Je vous retrouverai sur la route a^ec ma mère ?

giullau. Ni l'un ni l'autre ne te manquera au dernier moment.

grandier. Quanta Daniel...

grielau. El» bien?

GKANDitR. Tâchez de l'érarter... C'est un enfant, un pareil spectacle le tuerait.

gkili.au. Hélas! depuis hier soir nous ne l'avons pas vu.

GRANDIER. Quelque part qu'il soit, Dieu est avec lui. (Gril/au sort. Se retournant.) Pour quelle heure, messieurs?

LE greffier. Pour ce matin à neuf hem es.

grandier. Merci... Allez , mon père, allez !. .. [Il va s'asseoir sur le banc, le Greffier sort avec les Gardes et les Exempts, dont le dernier reçoit une bourse dts mains de Daniel, qui s' est g lissé derrière les soldats. )

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