SCÈNE IV
nKLPDÉGOR, CATHERINE.
belphégor. Celui-là, par exemple, c'est
l'A ILLASSE.
mie autrç Ranime. Tu romr d'or et des muscles d'acier, un homme, quoi ! Quanta la petite, vqyez-voùs, elle se renforcera; ce qu'elle a maintenant c'est de la fatigue, pas autre chose. Quand on pense que nous avo s tra\( rsé toute la France pour venir ici, à Angoulêmc, et que nous avons marché si vile, si vite !...
Catherine. Et qu'aviez vous donc à être si pressés d'arrivé.-?
BELPHÉGOR. (/'n'est pas d'arriver que j'avais liàie. unis de m'éioigner, ete m'fcnfuir... (Mouvement df Catherine.) Oh 1 un instant, j'avais rien pris, rien voie; au contraire !.. .
CATHERINE, Comment au contraire?
BELPHÉGOR. Oui, on \oulail în'eidever quelque chose, quelque chose. à moi, qui m'appartient, que Dieu m'a donné* qu'il m'a donné en me disant: Tiens, pauvre Guillaume, lu es seul, misérable, et c'est à peine si lu as le droit de fouler sous tes pied presque nus les cailloux des grandes route-;. Eh bien, prends cela, c sera ton trésor, ta consolation, ta vie... et ils voulaient... Oh! mais pardon , marne Catherine, ce sont des choses qui n'intéressent que moi.
Catherine. Comment donc , mon bon Guillaume! mais je vous aime, je vous estime, et si par hasard vous aviez besoin ici, à Angoulème, de quelque protection, diles-le-moi, je connais des personnes riches, des gens considérables.
belphégor. Des grands seigneurs, des ducs, des chevaliers, n'est-ce pas? Non, je n'ai pas besoin deleur protection, moi ! qu'ils restent chez eux et Guillaume chez lui... et les choses iront bien. Le bonheur, voyez-vous, c'est pas d'avoir des châteaux, des titres et de l'argent blanc à discrétion... le bonheur, c'esi de s'aimer bien gentiment entre .soi, l'homme, la femme, les petits... et de mordre ensemble dans le pain qu'on a gagné. {Avec douceur.) Vous devriez dire ça à ma femme, vous, comme ça, sans en avoir l'air ; elle vous écoute quand vous lui parlez, et c'; st toujours bon adiré aux femmes ces choses-là.
CATHi • r.tNi:. Allons donc! craindriez-vous que Madeleine méprisât votre dénùment, votre pauvreté? c'est impossible... Quand on est bon comme vous, Belphégor, et qu'on aime comme vous aimez, une femme serait bien ingrate...
belphégor. Ma femme est un ange du bon Dieu... ah! je le sais, et je suis bien tranquille.
CATHERINE. Eh ! de quoi aurait-elle à se plaindre? que pourrait-elle désirer?
BELPHÉGOR. Rien 1 oh ! rien, je l'espère ; mais je ne veux pa- qu'elle se trouve mal-
heureuse. (A part.) Ah 1 mon Dieu! si elle allait avoir des regrets!
CATHERINE. Malheureuse... elle!... mafs vous prenez pour vous tout le mal, vous faites tout ici, jusqu'à la soupe, et une hère soupe encore.
BELPHÉGOR- Croyez-vous qu'elle sera bonne?
Catherine. Je vous en réponds!
BELPHÉGOR. Après tout, les gens riches n'ont pas une autre manière que nous de faire la soupe, n'est-ce pas?
Catherine. Non, certainement.
RELPHÉGOR. Combien mandent-ils de fois par jour, les gens riches? trois ou quatre fois âÙ moins?
CATHERINE. Dame ! je crois que oui.
BELPHÉGOR. Fh bien , je veux que ma femme fasse aussi ses quatre repas! Elle adore l'oie rôtie, je veux qu'elle en mange tous les jours, et quatre fois par jour! Que diable! les gens riches ne peuvent pas manger de l'oie rôtie plus de quatre fois par jour.