‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 769 sur 1577 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

LE DUC, LE VIDAME, DE COURGEMONT, Amis du Duc, tous en habit de chasse.

le duc, à un Valet. Allez dire à monsieur le vicomte, mon petit-neveu, que je n'ai que quelques minutes à lui donner... Que diable ! je l'ai déjà fait prévenir de mon arrivée, et je ne vois pas qu'il s'empresse d'accourir !

de courgemont. Monsieur le vicomte Hercule a choisi là une charmante retraite.

le vidame. Charmante ! c'est ce que j'allais dire.

le duc. Oui, aux portes de Bordeaux, mais un peu loin de mon château de Carignan. Je suis bien aise que la chasse nous ait conduits de ce côté. Je ne suis pas fâché de surprendre ce jeune homme au milieu de sa solitude, et de savoir un peu ce qu'il y fait.

de courgemont. .Monsieur le duc penserait-il ..

le DUC. Je pense .. je pense qu'il est jusqu'à présent le seul héritier, sinon de ma fortune, du moins de mon nom, et j'ai peur qu'il ne sache pas le porter!... Vive Dieu! messieurs, la noblesse de France doit aujourd'hui se piquer d'honneur, il faut qu'à force de luxe, de prodigalités, de folies même, elle fasse oublier , elle surpasse , s'il se peut, ces prétoriens de l'empire , qui venaient dissiper à Paris les trésors de l'Europe conquise ; je veux surtout que quiconque a l'honneur de porter le nom de Montbazon, ce nom que je transmettrai pur et glorieux, sache vivre en grand seigneur et que l'orgueil de sa naissance comité parmi ses vertus !

de courgemont. Bravo! monsieur le duc, voilà qui est parler! c'est qu'en vérité ces croquants en redingote et en chapeau rond, ces fournisseurs, cet gazettiers, ces avocats parvenus, ces maçons enrichis avec les plâtras volés à nos donjons, s'imaginent, Dieu

me pardonne, que nous sommes des momies des revenants, des fantômes; ou des cassenoisettes envoyés d'Allemagne pour amuseï les enfants ! Palsembleu ! nous leur feron: voir si nous vivons et si nous savons vivre.

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