‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 820 sur 1577 · BERTRAND · texte numérisé non relu

BERTRAND

Même air.

Mais surtout n'oubliez pas Que la France doit combattre; Nous avons besoin d'soldats,

I I MAO i.M> 1IIÉATRAI.

Fait's en deux, puis Irois, puis quatre ;

Fait's-en tant, tant, tant, tant, tant,

Que l'iambour venant à battre,

, -en tant, tant, tant, tant, tant, ■Qu'on en faste un régiment.

CHŒUR

Fait's-en, etc.

jkyn LENOIR. A propos de régiment,

vous savez que les Prussiens sont entrés en Champagne?

TOUS. En Champagne!

JEAN LENOIR. C'est le maître d'école qui m'a appris cette nouvelle-là , et elle ne peut pas être fausse, car elle était hier annoncée tout au long dans le Père Durhêne.

LISETTE, à part. Ah! quelle idée... si je pouvais... essayons...

BERTRAND. Les Prussiens ! .. . ah! c'est égal , j'espère bien qu'ils n'iront pas plus loin .

Lisette. Sans doute, car tous les bons Français doivent se lever en masse pour aller les repousser.

JEAN lenoir. Bravo! .. v'ià qu'est parlé , citoyenne.

LTSETTE, avec intention et jetant de trms en terns un regard vers Palcope où est caché Cyprien. Et s'il y avait ici quelqu'un qui hésitât à se rendre à la frontière, quand rien ne doit plus le retenir au pays natal... dût-il quitter tout ce qu'il aime , tout ce qui l'attache à la vie, je lui dirais : La voix du cœur doit se taire devant la voix de la patrie... partez, la France est sur le point d'être avilie... souillée par l'étranger, et si vous devez mourir , c'est seulement au milieu des camps et sur un champ de bataille que votre mort peut être honorable.

JEAN LENOIR. Diable, comme elle harangue bien , ma femme !... Vrai , j'irais de ce pas m'engager soldat , si je n'étais pas municipal. ... Attends , attends, citoyenne , puisque tu es si bien disposée ,

j'ai justement un petit recueil de chansons

patriotiques que j'ai acheté l'antre jour...

1 est -.111 la planche de mon alcôve, et je

vais

fil va pour st lever.)

LISETTE, a part. Oh ! ciel! il <->t perdu!.. ( Arrêtant Lenoir. ) C'est inutile , je me rappelle les couplets qu'on chante au théâtre Feydeau dans ie Siège de Lille , et je peux vous les répét

lenoir, se rasseyant. A la bonne heure. . . Va pour les couplets du Siège de Lille ! . . . Attention, vous autres — et vous ferez chorus.

LISETTE

Air du Siège de Lille.

L'amour dans le cœur d'un Français, L'amour fait le bonheur suprême; Tous les matins sont pleins d'attrait»

Auprès delà beauté' qu'il aime.

( Avec intention et jetant les yeux du côté de Cyprien.)

Mais au premier son du tambour.

Il sacrifie A sa patrie, Son bien, sa vie et son amour.

{Cyprien entr' ouvre le rideau et reprend le choeur avec tout le monde.)

TOUS

Mais au premier son du tambour, etc.

LISETTE

A s'acquitter de son devoir Un bon Français trouve des charmes; De son amante au de'scspoir, Il est fier d'essuyer les larmes.

( Ici elle s'arrête et regarde encore du côté de Cyprien.)

JEAN lenoir. Eh bien! tu pleures?...

LISETTE, vivement.- Moi!... non !...

Mais au premier son du tambour, etc.

(Cyprien vient prendre la main de Lisette, sans être aperçu des autres paysans et part pour rejoindre les volonlairrs..) TOUS.

Mais au premier son du tambour, etc.

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