SCENE PREMIÈRE
PROSPER , seul , sortant de l'étude.
Ce 17 août 1815.. sont comparus par-de-
je ne copierai pas ce contrat de mariage...
Voir celle que j'aime s'unir à un autre...
quand je suis sûr de posséder son cœur...
i- i Oh ! si cette bonne Mrac Lisette n'était pas
vantnous. (il jette le contraietlâ ^ plume, ,)Non, | morte !.. l'a vons-nous pleurée!.». elle
CES INFIDÉLITÉS DE LISETTE
connaissait notre amour et l'encourageait, elle eût empêché ce mariage ; mais par malheur voilà bientôt un an' qu'elle n'est plus de ce monde. Pauvre Lisette !... l'at-on regrettée dans le pays!... encore si MUe Lise , sa fille, qui est tout le portrait de sa mère, et qui a maintenant dix-huit ans , avait assez d'ascendant sur l'esprit de son père pour le décider à m'accorder sa main.... mais non, il ne veut rien entendre. Ah! voilà MUe Lise !...
PROSPER , LISE , sortant du cabaret.
LISE. Comment , monsieur Prosper , vous n'êtes pas à votre étude ?
prosper. Je n'ai pas eu le courage d'y rester... Votre père est là , avec mon patron et M. Bertrand , votre futur beaupère... ils conviennent des conditions de
votre contrat de mariage et, comme
on voulait me forcer de le rédiger , j'ai mieux aimé sortir.
lise. En épouser un autre que vous !.. moi qui vous aime tant ! mon Dieu !
qu'est-ce que je vais devenir ?
PROSPER. Et moi donc, tenez, j'aimerais mieux me brûler la cervelle que de vous voir appartenir au fils de M. Bertr; nd...;. C'est votre faute aussi, mamzelle, si /ous .aviez tenu ferme quand votre père vous a parlé de ce mariage.
lise. Dites donc que c'est vous qui en êtes cause , car enfin , si vous n'étiez pas
toujours à lui parler politique à lui
vanter Napoléon, lui qui est si royaliste, depuis que les Bourbons sont revenus et qu'on l'a fait maire de sa commune....
Comment allons-nous faire maintenant que je n'ai plus là ma pauvre mère pour me protéger et me défendre ?
prosper. Votre mère... oh ! il me semble que je l'aurais bien aimée... on dit qu'elle vous ressemblait tant!...
LISE. Oui, tout le monde assure que je suis son portrait vivant et qu'on m'aurait prise pour elle quand elle avait mon âge... mais je Fai toujours trouvée bien plus jolie que moi, et avec ça si bonne, si tendre ! ça n'est pas elle qui m'aurait forcée d'épouser le fils de ce Bertrand... Mais voilà mon père qui sort de chez vo-
tre notaire... il ne faut pas que nous ayons l'air de causer ensemble.
( Elle fail semblant de ranger les verres qui sont sur la table; Prospcrse retire un peu à l'écart.)