‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 865 sur 1577 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LE MARQUIS

Croyez-le bien, madame, dans loute autre circonstance , mon respect et surtout ma tendresse vous assurent une soumission aveugle : mais aujourd'hui...

LA MARQUISE

Aujourd'hui?...

LE MARQUIS

Aujourd'hui , il y va du bonheur de toute ma vie, et, je vous le dis à regret , ma résolution est inébranlable.

LA MARQUISE

Eh bien ! puisque votre volonté se refuse à nous faire des concessions , mon fils , c'est donc à nous de modifier la nôtre ; el puisque c'est un mariage d'amour que vous rêvez, faites-nous connaître l'objet de cette passion romanesque.

LE MARQUIS

Madame!...

LA MARQUISE

Nommez-la sans crainte ! et fut-elle d'une naissance moins illustre que celle de la jeune duchesse d'Elbée , ses domaines fussent-ils moins vastes que les nôtres , j'ai comme vous un cœur tendre, où le bonheur de mon (ils paile plus haut que l'ambition... que l'orgueil!... et je vous promets de donner mon consentement à un mariage honorable, qui comblerait tous vos vœux.

LE COMMANDEUR

Ma sœur, vous êtes éloquente! vous m'avez ému!... Allons, mon ami, nomme!., nomme la jeune marquise...

LE MARQUIS

Ce n'est pas une marquise !...

LE COMMANDEUR

Ah! elle n'est que comtesse!... Eh bien! nomme la jeune comtesse!... Eh?... Rien! C'est donc une baronne?... Non ! Mais qu'est-ce donc alors ? car encore il faut bien qu'elle soit quelque chose, ma future nièce!...

LA MARQUISE

Vous avez raison, commandeur; car je ne pense pas que notre fils, le marquis Arthur de Sivry, s'abaisse jamais jusqu'à la fille d'un bourgeois !... d'un vilain !

le MARQUIS , avec une fermeté respectueuse.

Quelle que soit sa condition , je sens que je n'aimerai jamais qu'elle !

LE COMMANDEUR

Hé, hé, j'ai connu plus d'une petite vilaine qui n'était pas laide du tout.

la MARQUISE , se levant.

C'est assez. (Le commandeur remet le fauteuil en place.) Une passion qu'on ne saurait avouer sans honte à sa mère, un amour dont on rcigii, n'ont rien qui m'alarme !... les Sivry sont i'nn sang qui ne s'avilit jamais!

LE COMMANDEUR

Ma sœur , vous étiez née pour élri d'Etat?

LA GRACE DE DIEU

LA MARQCISR , avec froideur cl dignité.

; lis vous connaisses le motifdelarénnion

ir , avant le bal de la cour ; le sur vous. Votre main jusqu'à mon apnent.

CHŒUR

Air iio Richelieu.

LA HABQI

Il se soumet, El me promet De nons revoir ; J'ai bon espoir !

Car je saurai, Je surprendrai Tous ses secrets, Tous ses projets.

LE MARQUIS

Je me soumet-;, El je promets De vous revoir Avant ce soir ; Mais j • lairai.

Je cacherai Tous mes secri ts Tous mes projets.

LE COMMANDEUR

II se sou me l, Et lui promet De la revoir Avant ce soir.

Que je rirai, M'amuserai !

J'ai mon projet , C'est mon secret !

Le mai pis d> iiine la main à sa mère el tous deux surtent par In seconde porte à droile de l'acteur.)

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