SCÈNE nr
MARIE, LE MARQUIS, pensif.
MARIE, entrant de l'appartement de droite et avec joie.
Arthur !
le marquis , tressaillant.
Marie !
MARIE
Oh ! comme il y a long-temps que je ne vous ai vu... Mais vous voilà enfin. Oh ! parlez-moi de notre espoir... de votre mère... quand la verrai-je? le marquis , avec embarras.
Ma mère !...
Vous lui avez dit, n'est-ce pas? les progrès que je fais chaque jour; vous lui avez dit avec quelle ard.'ur j'étudie, depuis trois mois, dans ces livres qui me viennent d'elle ! avec quel empressement je cherche à me rendre digne de paraître dans ce monde brillant, où elle vit, et où elle doit un jour me nommer sa fille!
LE MARQUIS
Oui, Marie, je lui ai parlé du courage qui vous anime, de votre amour si touchant et si noble... de cette grâce naïve, et surtout des progrès de votre esprit que j'admire.
MARIE
Et votre mère?... qu'a-t-el!e dit ?
LE marquis, baissant la voix et allant à la toilette.
Voici... des... des parures qu'elle vous envoie, marie , triste.
Des parures... toujours! Mais ne la verrai-je pas bientôt , elle ? et la mienne? la mienne , monsieur?
LE MARQUIS
Encore un peu de courage et de patience. MARIE, suppliant Arthur qui se détourne. Aib. : Mon pays ! (L. Puget.) Vous n'avez pas voulu que j'écrive à ma mère. Sans nouvelles, trois mois ! comme elle a du souffrir! Oh ! pitié , cher Arthur , pour sa dotdeur amère ! Attendre plus long-temps, pour elle, c'est mourir I
Souvent , pâle et flétrie ,
Elle est dans mon sommeil !..
Mais l'image chérie
Disparaît au réveil !...
Ecoutez ma prière ,