‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 930 sur 1577 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

REBECCA, restée comme atiérée.

Suzanne, l'épouse de Miî.aël... Suzanne... Ah ! maisjenè suis pas folle... Non, toutà l'heurejcsuis venue... j'étais à cette même place... et tout à l'heure, celte couche était vide .. (Elle s'est approchée de Suzanne et a de nouveau soulevé le rideau qui la cache. Elle aperçoit la cassette.1 Ah ! celle cassette... (Elle la prend et l'ouvre.) Ces bijoux... à elle aussi !.. Ah ! je le savais bien, moi.

SUZANNE, encore endormie.

Oh ! pilié... grâce... mon Dieu, ne m'abandonnez pas...Mizaël...Miznël... défends-moi. ..'F.lle se débat, se lève à demi, regarde autour d'elle.) Ah !... quel affreux rêve!

REBECCA , à demi-cachée par le rideau qu'elle tient dans sa main.

Un rêve!... Oh ! non pas.

SUZANNE, s'éveillant tout à fait.

Oui... je rêvais... car je suis sous ma tente... Et cependant ma tète est pleine d'idées confise-. . j'ai peur de me souvenir.

REBECCA, à part.

Et je veux que tu le souviennes, moi.

( Rebecca se montre. — Suzanne tressaille en voyant Rebecca si près d'elle. ) SUZANNE.

Rebecca !

REBECCA

Tu as dormi bien long -temps, Suzanne.

SUZANNE

Pourquoi me regardes-tu ainsi ?

REBECCA

Qui donc a laissé sur ta pauvre nalto cette cassette remplie de précieux bijoux ?

SUZANNE, regardant.

Ces bijoux prés de moi. ..Je ne comprends pas.., j e ne sais pas...

rebecca, lui prenant la rriain et l'amenant en scène. Tu ne sais pas... Ecoute, Suzanne,veux-tu que je te dise ton rêve de cette nuit ? Hier, tu n'avais pas suivi tes compagnes... tu étais restée au bord de la fontaine de Siloë.

SUZANNE

La fontaine de Siloë ?

rebecca.

C'est cela, n'est-ce pas?... Là, lu as retrouvé le voyageur... lu as prèle l'oreille à son doux et perfide langage... il l'a proposé de déchirer pour toi les voiles de l'avenir... et tu as voulu lire dans le ciel.

SUZANNE

Non. J'ai voulu mourir... et mon sang s'est tout à coup glacé dans mes veines... je ne voyais plus, je n'entendais plus... je ne me sentais plus vivre. rebecca.

Pourtant, ce n'était que le sommeil qui s'était emparé de toi... sommeil léthargique ; puis, quand ce sommeil n'appesantit plus tes paupières, tes yeux, en se rouvrant, cherchèrent en vain la lumière des cieux... La nuit du tombeau semblait l'envelopper...

SUZANNE

Oui... ce n'était donc pas un rêve?

rebecca.

On t'avait transportée dans un riche palais, où tu aurais voulu trouver la mort...

SUZANNE

Oh! tais-toi, Rebecca... tais-toi!

rebecca, avec amertume.

D'où vient Ion trouble, Suzanne ? Je ne fais là que raconter ton rêve... Avec le jour, les rêves se dissipent et s'effacent ; lu avais déjà presque oublié le lien... Allons, remets-toi, Suzanne, orgueil et modèle des filles de Benjamin... Relève ce front si pur où va se poser la blanche couronne de fiancée... Parc-loi de ces riches bracelets... Couvre-toi de ces élincelanles pierreries... Fais-toi bien belle, ma sreur, Azarias va venir.

SUZANNE

Azarias!

REBECCA

Tout à l'heure il t'appellera sa fille... lotit à l'heure il va l'unir à Mizacl... Ou'iinp ute que lu sois orpheline cl pauvre, Mizaël t'aime, et Azarias voulait à Ali/.iel une épouse sainte et pure, comme était sa mére...

SUZANNE, traversant avec effroi.

Moi! l'épouse de Mizaël!... moi !... Oh ! jamais!... jamais.

(Bruit de trompettes en dehors.) Suzanne, effrayée.

Ce bruit?...

REBECCA

Annonce qu'une cérémonie sainte va s'accomplir.

LE TEMPLE DE SÀLOMON

- 1 IÂMWE, Oh! Rebccca... sauve-moi... cache-moi...

il appel de trompettes. — Le rideau du fond de la tente s'ouvre dans toute sa largeur, et l'on aperçoit le camp de la tribu. — In autel a été dre>sé. Sur cet autel brûle le feu du sacrifice. — h padK et i droite ta lévite*. — Au milieu, Atarias. — Toute la tribu, hommes et feu dans la tente, les hommes à dro.te, les femmes à gauche. — Puis viennent quatre jeunes filles portant un voile qu'elles viennent offrir à Suzanne. — (''•iiflant qu'elles arment lentement en scène, le i li'eur chante ) :

<l JOE Lit.

H i je nouvelle £.<■ M. M

Dieu tout-puis, ant, dans et jour solennel, Nous invoquons ton pouvoir lutélain- ; Du haut de-, cieux, que ton soleil éclaite, Jette sur nous un regard paternel.

Dieu , etc.

C5E JEOE FILLE.

Pour toi, modeste fiancée,

Ce voile, Minage de nos mains;

Pour toi, la prière adressée

A Dieu, qui seul fait nos destins;

A toi ces fleuri de la montagne ;

A toi nos vœux.

Que Dieu donne 1 notre compagne

Des jours heureux.

Enfant chéri de la famille, Le ciel lui devait le bonheur.

De la tribu c'était la fille, De Benjamin... c'était l'honneur.

le chollu reprend.

A toi ces fleurs de la montagne, etc.

StZA>NE.

0 mon Dieu! mon Dieu!...

'Les jeunes filles rejoignent leurs compagnes.]

AZAI1I \-,

Un de mes serviteurs est parti pour ann â Mizaêl que je lui accorde celle qu'il aime et pour presser son retour. ( Suzanne , vivement oppressée, tombe au\ genoux d'Azarias et laisse éclater SfS n ' ' n'est pas à mes genoux, Suzanne,

c'est sur mon cœur qu'est à présent ta place.

SUZA.N M

Ah! ne m'accablez pas de votre bonté, mon père; je ne suis pas digne d'être votre fille.

AZABIAS.

Que dit-elle?

-' / VNM..

Ah! je suis bien malheureuse!... Pour Mizaêl, je donnerais mon sang, mon àrne... Ma première pensée d'amour fut a lui, mon dernier soupir sera pour lui... Et pourtant jamais ce voile d'é-

pouse ne touchera mon front., jamais votre main ne s'étendra vers moi pour me bénir.. Letlemain que je baigne de mes larmes... cette main \a me • li ,--cr.

A Z ARIAS et LE cnoECB.

Te chasser !

Oui, les lois de Benjamin ordonnent i la fille perdue de quitter ses paren=, ta atni«... de dire un éternel a'Jieu au sol qoi l'a vue naitre, a l'air qu'enfant elle a respiré... Eh bien ! chassez-moi, car j'aime Mizaêl et je ne puis plus être a lui... l h assez-moi, mon père, car j'aime Mizaêl, et je suis déshonorée!.. .

AZABIAS et LE CHOLLU.

Déshonorée!.,.

1 > VIE1LLABD.

Anathéme sur elle!... Qu'elle parle!...

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