SCÈNE I
M1ZAEL, JÉZABEL.
(Au lever du rideau, Jézabel, assise dans la cabane, tresse un panier de joncs. — Un homme vient s'appuyer sur la fenêtre du fond, comme si la fatigue l'accablait.)
HIZAEL.
Me voici au rendez-vous !
JÉZABEL
Quel est ce jeune homme?... et 'que veut-il?... (Elle se lève et va à la fenêtre.) HIZAEL.
Femme, un étranger doit me venir trouver au concher du soleil devant cette porte de la ville. La chaleur est accablante... mes forces sont épuisées... veux-tu me donner un abri sous ce
toit?
JÉZABEL, à part.
Pauvre garçon, comme il est pâle ! (Haut. En-
trez dans cette cabane, vous pourrez vous y asseoir et vous y reposer.
(Elle va ouvrir la porte, et Mizaël entre, en marchant
péniblement.
MIZAEL.
Soyez bénie pour votre généreuse hospitalité ! jézabel, le faisant asseoir.
Cette cabane n'est pas à moi; elle appartient à une jeune femme qui l'habite avec son enfant. La pauvre mère travaille jour et nuit pour que rien ne manque à son fils... et je veille sur cet enfant pendant qu'elle va porter à la ville les manteaux de laine qu'elle brode pour les seigneurs de la cour. Mais elle est aussi charitable que vertueuse, et j'ai pu vous offrir, en son nom, un asile et du repos... Qui étes-vous ?
HIZAEL.
Je suis un pasteur de la tribu de Benjamin... Aujourd'hui même, et sur le bord du Jourdain, j'ai sauvé la vie à un étranger qu'entraînait un cheval fougueux. Je m'éloignais en remerciant le