LE FUGITIF, MARIE
i.E FIGITIF. Je VOUS cliercliais, mon enfant, car je ne puis faire un pas sans vous.
MARIE. Et VOUS voulez partir?
LE FL'GITIF. Oui; mais avant le dépari, il faut (pie je fasse mes comptes avec mon ange saincMU", cl vous l'êtes à celle heure. Dieu fa^se (pie je puisse vous rc compenser! Le vieux |)riM)nni(r \a bientôt .se jeter dans les balaiilrs, et peut y mourir. S'il y survit, il verra triompher (iuillaume, et poni la vous lendre une main générf use; mais connue il
peut y mourir, il vent vous léguer à l'avance son héritage.
MARIE. A moi ?
LE FUGITIF. Oui, mon enfant; et cela vous surprend, car je suis bien pauvre; mais touie ma richesse est wn important secret qui doit influer peut-être un jour sur la destinée de la Hollande... Tenez, mon enfuit, prenez ce papier cacheté, qui contient quelques lignes écrites, etgardez-lc précieusement.
Elle le met dans t'aumônière qu'elle porte à sa ceinture.
MARIE. Soyez tranquille! Et qu'en
ferai-je?
LE FU(iiTiF. Dans huit jours, au matin, et alors Guillaume de Nassau sera sur le chemin de la conquête, je vous donne rendez-vous sur la grande place d'Amsterdam. Si je manque au rendez-vous, c'est que je serai mort; et alors, pour consoler ma cendre, vous le remettrez au prince, (pii n'aura rien à refuser dans ses états à celui où celle qui le lui aura donné.
MARIE. Vous le remettrez vous-même!
Dieu vous conservera.
LE FUGITIF. Que le ciel vous entende.
Prenez j^arde de perde cet écrit.
MARIE, lui montrant son aumôniére. Je l'ai mis dans cette aumôniére bénie.
LE FUGITIF. Avec ce qu'elle contient maintenant, celte aumôniére bénie doit vous porter bonheur...
MARIE. Pourquoi tant de conlî^nce et de bonté?
LE FUGITIF. Parce (jue, soit hasard ou providence, vous m'avez sauvé la vie. .. Venez, mon enfant.
MARIE, le suivant. Et nous allons partir?
LE FUGITIF. Sans relard.
Ils rentrent dans la maison. lîerlhol sort aussitôt du pavillon.