SCÈNE XV
BERTHOL, puis MARIE.
BERTHOL, seul. Le vieillard est mort ; sans doute Guillaume triomphe. Oh! la partie n'est pas perdue... si cett'e jeune fdle a succombé... Elle est orpheline, je puis la réclamer... mais alors les pillards qui dépouillent les morts, se seront emparés de son auniônière. .. Après tout, elle peut être vivante encore : où la trouver? comment la joindre?. . . quel chemin?... Est-elle à Amsterdam?... ou perdue sur les routes... exposée au feu des combattants?... ou morte... ou blessée...
Il reste pensif. Iri l'on voit passer dans lo fond quelques journaliers qui soutiennent la retraite contre les Espagnols qui les poursuivent... Après un court silence, Blaric elTarce entre dans la cour de l'auberge, s'adressant à Berthol.
MARIE, à Cer//îo/. Veuillezrae dire, je vous prie...
BERTHOL. La voici!
MARIE , reconnaissant Vauhcrgc. Mais oui, c'est bien l'auberge où je me suis arrêtée.
BERTHOL, cachant son nnotion. Oui, jeune fille, vous êtes déjà venue ici aujourd'hui... et vous en êtes sortie avec votre père. . . pourquoi revenez-vous seule?
MARIE. Parce que les Espagnols l'ont tué.
BERTHOL, à pari. Il est mort!... (Haut.) Et vous vous étiez égarée. Mais je vais vous servir de guide; il faut précisément que je n\,e hâte d'aller à la ville. Et vous ne pourriez ici celte nuit, les renforts espagnols vont venir s'y loger.
MARIE. Oh ! il faut que j'arrive bientôt à Amsterdam; une compagne qui m'y attend doit mourir d'inquiétude.
BERTHOL. Venez donc; je ^ais vous conduire par un chemin sûr, celui de l'hospice tSaint-IJruno.
MARIE. Ce chemin, que traverse plusieurs fois la rivière, m'elfraye avec ses ponts chancelants. .
BERTHOL. Oui, mais on ne s'y bal pas.
MARIE. Je suivrai le complaisant guide que Dieu m'envoie avec gratitude et confiance.
BERTHOL. Et je ne la trahirai pas... {A
LES ORPHELINES D'ANVERS
part.) O démon, qui rengages la partie que je croyais perdue, nous verrons si cette fois tu la gagneras. [Réfléchissant.) Quel est donc ce secret?
MARIE. Je vous attends !
BERTHOL, secouant sa réflexion. Venez, mon enfant.
Ils sortent par le foud. On les voit prendre, dans l'obscurité, le chemin dit de l'Hospice Saint-Bruno. Bruit de la bataille au loin.
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