PROSPER, DESILLES
PUOSPEu, entrant sans voir Desilles.
Mamsello Louise, étcs-vous là ?
DESILLES, se retournant.
Que lui veux- tu ?
PUOSPIJR.
Ah ! pardon, monsieur : je ne savais pas qiio vous étiez ici. Vous n'avez pas vu mamsellc Louise?
DESILLES
Non : de la part de qui la chcrches-tu?
PnOSPER.
De la mienne. Histoire de causer un moment avec elle.
DESILLES
Ah! sa conversation t'amuse?
, , .,•[ PROSPER
Beaucoup. Ce n'est pas à cause do ce qu'elle dit : elle ne parle jamais. Mais moi, j'ai du plaisir à parler quand elle est là, et puis aussi à la regarder; oui, ça me réjouit, ça me donne envie de rire.
S»i»'A it:
LES SUITES D'UNE FAUTE, «wa-iu»
DESILLES
Tu es prorapt à t'cnflanimer : depuis vingt-quatre heures...
PROSPEK.
C'est Yrai; mais je n'en ai pas perdu une, je n'ai pas dormi. Si bien que j'en deviens hébété, et que ce matin, quand madame m'a dit de partir avec ifous, j'ai eu envie de pleurer. Je nç, m'imaginais pias que monsieur, qui un quart d'heure auparavant, m'avait dit qu'il sortirait , changerait d'i-
^^Ç* lii. MO^ V'ih ,
DESILLES
Oui, il detait nous accompagner d'abord. (A part.) Et il est resté.
C'est comme un fait exprès, monsieur, qui ne s'occupait jamais de moi, se trouve toujours là maintenant!
DESILLES, avec inlenlion.
Voyez-vous!
PROSPER
C'est avoir du malheur ! Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur ?
DESILLES
Moi, je pense que si mon domestique s'avisait de trouver mauvais ce que je fais, je le mettrais à la porte.
PROSPER
Oh I je ne veux pas courir cette chance-là : je ne pourrais plus voir Louise. Ah ! la voici qui vient : seule... Monsieur, voulez-vous que je reste ?
DESILLES
Comment donc? mais ce serait plutôt à moi à te demander la permission.
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