SCENE III
VAUERAY, FERMONT.
VALLERAY.
Ferment, eh bien ?
FERMONT
Eh bien! mon ami, je m'y attendais. Malgré mes efforts, je n'ai rien obtenu d'elle.
VALLERAY.
Elle refuse de m'entendre?
FERMONT
Prête à partir, elle redoute des adieux qui n'amèneraient aucun changement dans sa résolution, car je l'ai trouvée fermement décidée.
VALLERAY.
A une séparation T
FERUO^T.
Oui.
^VALLERAY.'
Fort bien.
FERMONT
Elle vous abandonne cette habitation que vous aimez. Vous disposerez de la moitié de sa fortune. C'est auprès d'une ancienne amie qu'elle veut se retirer. Un voyage, entrepris pour sa santé, servira d'abord d'excuse à son absence; plus tard, d'autres prétextes... Mais alors j'espère vous réconcilier :quantà présent, toutesmesinstances seraient inutiles. Elle vous supplie de ne pas la troubler d»os sa retraite. Cependant elle désire être in-
formée de votre sort, et elle m'a chargé de correspondre avec elle : par ce moyen, vous pourrea aussi avoir de ses nouvelles. Comptez sur moi. Donnez-moi votre main. Voulez-vous que je vous emmcno à la ville ?
VALLERAY.
Non , j'ai quelques dispositions à prendre; je vous remercie. Adieu.
FERMONT
Adieu.
Il s'éloigne.
VALLERAY.
Ah ! ce sera un duel à mort I
FERMONT, revenant.
Plaît-il? que dites-vous?
VALLERAY.
Rien. Mon cher monsieur Ferment, vous fûtes l'ami de mon enfance : vous me connaissez ; je n'ai pas un cœur mauvais ni corrompu; quand vous penserez à moi, que ce soit, je vous en prie, avec plus de compassion que de colère.
FERMONT
Jeserai toujours votre ami. Du courage, un jour votre malheur recevra quelque adoucissement, je l'espère.
VALLERAY.
Je l'espère aussi.
Ferment sort.
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