L.VYINIE
Esclave, par pitié, viens là... romps le silence. ])is-nioi quel est le but de cette violence. Knfant, vois ma terreur, vois le trouble où je suis : Ouvre-moi, sans retard, la porte...
r.ORAX.
Je ne puis.
LAVINIA
Je saurai faire entendre...
CORAX.
Il ne viendra personne.
LAVINIA, à part, marchant à grands pas. Oh! tout mon sang se glace et tout mon corps fris-
[ sonne.
Annius aura fait cette lâche action :
I3'un sourire imprudent c'est la punition. Déjà je sens mourir ma voix entrecoupée, Et mon œil qui se trouble en vain cherche une
[épée.
Esclave, si ton cœur jeune et plein de vertu D'amour ou de pitié quelquefois a battu. Si tu conçus jamais une espérance heureuse, Ouvre à mon désespoir une âme généreuse : Et, hors de ce logis, me guidant par la main, Sois plus noble et plus fier qu'un citoyen romain. Daigne apporter un terme à mon inquiétude..
CORAX.
La haine est un poison né de la servitude. Les esclaves n'ont rien qu'un rire douloureyx Quand leurs maîtres cruels se déchirent entre eux. Je suis donc, acceptant les volontés du maître, Juste quand il est juste, et traître s'il est traître : Peu soucieux d'ailleurs, en sauvant ta fierté. Dans la fosse aux lions d'expier ma bonté.
LAVIiMA.
A'a-t'en. Que Jupiter prenne en pitié ton âme ! G Titus, ô Cimber, que font-ils?
CORAX, d part.
Pauvre femme I Il sort par la porte du fond et la referme avec le plus grand soin.
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