‹ [Magasin théâtralChapitre 1176 sur 1545 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

MARRIS, LAVINIA, ANNIUS*, couvert de s et de poussière, la toge en désordre, une brisée à la main.

:\IARIDS.

Annius!

ANNIUS

Que veut donc cette foule imbécile?

Hier, j'étais son idole, elle était à mes pieds!

I AViNiA, se reculant avec horreur.

La foule bat des mains aux crimes expiés.

A.NNiLS, à I.avinia.

Femme, étrange terreur aux puissances punie Poursuis-tu les méchants jusqu'en leurs agon

A Marius.

Vieillard, quand je succombe et que la mort es Je te demande abri comme autrefois Sylla, IN'on pas contre une mort qui sourit à mon âr Mais contre les transports de cette foule infàr Je suis seul, sans amis, sans force, désarmé. Et je me sens trop fier pour mourir assommé,

MAKI us.

J'ai joie, en ce cruel instant qui nous rassem A voir, jeune insolent, ""c nous mourrons en<

[ Moi tout chargé d'hivers, toi superbe à trente ; Toi brûlé par l'orgueil, moi brisé par le tem|» Pour te perdre, Annius, oubliant ma puissaii J'ai poussé ta jeunesse à souiller l'innocence ; Mais recueillant l'effet de ce projet maudit, Je ne su[iposais pas que la mort m'attendît. Mais alors qu'elle prend mon ^ieux corps en pât J'ai joie à voir tomber ta jeune dictature.

LAVIMA.

Quand la mort vient, amère à votre abjection, Soyez donc llagellés par l'imprécation!

Vous, que Minos tempère et que Cerbère excit Vous, dont le vol frémit sur les flots du Cocy Vous, qui portez le Iroulde aux cœurs épouvar Soyez aiiprès de moi, sombres divinités! Soyez auprès de moi, vous, formes désolées. Qui descendez la nuit autour des mausolées-; Qui de vos corps tombés sous le billot fatal Fites à ces bourreaux un sanglant piédestal; Venez, et poursuivant leur Llcheté punie, De leur éternité faites une agonie.

Et vous, dieux qui, pesant la gloire des huma Jugez le Scythe immonde et les consuls roma Soyez debout! Déjà le Styx, à l'eau fangeuse. Fait sortir deux niéihants de sa nuit orageuse Ils longent, pleins d'horreur, le fleuve au flot l

Et marchent, poursuivis par Cerbère aboyant. Que Sylla, dominant leur gloire méprisée. Aux yeux de Uome entière en fasse une risée; Et que dire leur nom soit infâme aux vivants, Quand ils auront jeté leur cendre aux quatre vei

KUe va près «le Marius et prend une coupe. Consul, mal^-ré l'horreur qui monte a ton œil ter Dans cette coupe d'or verse-moi le falerne ,

■ Marins , Annius, Lavinia.

iiietir plaoép lui coule des tempes : les Augures le soutiennent ilans leurs bras. Le Flaraine reprend d'une vis solennelle :

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