‹ [Magasin théâtralChapitre 121 sur 1545 · DANIEL, TOM · texte numérisé non relu

DANIEL, TOM

TOM, sortant de la chambre. Maintenant Georges est sans doute auprès de Jeanne. Je vais peut-être les trouver ensembFe!... {Comme il va pour sortir, il rencontre Daniel.) Quelqu'un... { Le reconnaissant.) Maître Daniel?

DANIEL, le regardant. Vous me connaissez?... Mais c'est Tom!

TOM. Lui-même... {A part.) Mon ancien maître. [Uuut.) Comment êtes-vous ici?

DANIEL. Comme ami du propriétaire de la maison, de maître Berthol... Mais si je ne me trompe, tu es officier, Tom.

TOM. Vous voyez.

DANIEL. Je t'en fais mon compliment, tu dois être bien heureux.

TOM. Ce malin encore j'étais le plus triste des hounnes; mais à celte heure je suis plus joyeux ([u'un vaincjueur et plus heureux qu'un roi... Ce malin encore je me croyais presque la cause de la mort d'une |)auvre fille... Eh ! mais, précisément, Daniel, vous devez vous souvenir de ce jour, où, payant mon tribut à la première injprcssion de la guerre, je revins chez vous, tremblant, épouvanté...

LES ORPHELINES D'ANVERS

DANIEL. Oui!

TOM. Je vous dis alors que j'avais lâchement abandonné une jeune fille , dont le père venait d'êire mortellement frappé.

DANIEL. Eh bien ?

TOM. Je la croyais tuée depuis ce fatal jour.

DANIEL, avec inquiétude. Et tu l'as retrouvée?

TOM. Ce matin, étant de service à l'hospice Saint-Bruno, je la vis entre les mains des médecins, qui me dirent l'avoir recueillie expirante sur le bord de la rivière.

DANIEL, à part. Hein!... [Haut.) Elle y était tombée par accident?

TOM. Non pas. Celte môme nuit, la malheureuse fille égarée se confia à ie ne sais quel infâme qui s'était offert pour l'accompagner, et qui Fa jetée dans la rivière après l'avoir volée.

DANIEL, inquiet. Et sans doute elle espère faire punir celui qui l'a volée.

TOM. Il faudrait d'abord pour cela qu'elle pût le reconnaître,

DANIEL, à part. C'est vrai. . . Elle est aveugle.

TOM. Par suite de sa chute funeste...

DANIEL, rinterrômpant. Eh, pourquoi l'astu conduite ici ?

TOM. Parce qu'elle est la compagne d'enfance de la fiancée de Georges... Parce que je suis impatient de dire et de prouver qu'elle est vivante. Eh, je veux courir d'abord prévenir prudemment Jeanne de ce bonheur inattendu... Au revoir, Daniel.

DANIEL, V arrêtant. Attends, Tom!

TOM. Pourquoi?

DANIEL, à fart. Comment l'empêcher?

[Haut.) ïu ne pourrais rencontrer Jeanne; elle vient de partir tout à l'heure , accompagnée de Berthol et de son fiancé. J'en suis sûr, moi.. . Je viens de leur faire mes adieux.

TOM. Où vont-ils ?

DANIEL. A quelques lieues d'ici ; car ils ne seront de retour que demain.

TOM. Quelfàcheux contre temps !. .. pauvre Marie! Je ne sais comment lui dire...

DANIEL. Il faut cependant bien le lui dire {A part.) Mon Dieu! je tremble...

TOM. Ils ne seront, dites-Vous, de retour que demain ?

DANIEL, précipitamment. Pas avant 1

TO},i,V observant. Mais, qu'avez-vous.donc, Daniel? •

DANIEL. Rien ; c'est le récit de ce crime qui m'a vivement ému.

TOM. C'est bien affreux, n'est-ce pas?

DANIEL. Epouvantable!

TOM. Allons , il faut que je reconduise cette pauvre fille à l'hospice.

DANIEL. Oui, et. demain elles pourront se

voir... [A part.) Si Georges ou Jeanne venaient...

TOM. Maintenant qu'elle a l'espérance , Daniel, elle aura la patience et le courage.

DANIEL. Sans doute... [A part.) Il ne s'en ira pas.

To.^i , allant à la porte. Il faudra bien qu'elle se résigne.

Il entre dans la chambre.

DANIEL. Enfin!... la victime de Berthol est vivante, elle est ici, chez Georges... Oh! il faut que sans retard j'aille instruire Berthol de tout ceci.. . [Regardant par la fenêfrc.) Voyons... la maison près l'église... c'est bien cela.!. J'entends revenir Tom ? Hâtonsnous...

Il sort en courant ; Tom et Marie sortent de la chambre.

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